‹ Le livre d'amour de Sainte-Beuve,Chapitre 57 sur 166 · Cf. V*" DE Spoelbekcu de Lovenjoul, Sainte-Beuve inconnu · texte numérisé non relu

Cf. V*" DE Spoelbekcu de Lovenjoul, Sainte-Beuve inconnu

dédiant comme « au plus grand inventeur lyrique que la poésie française ait eu depuis Konsard ».

Il manifestait pour lui une tendresse presque passionnée. S'éloignait-il quelques semaines pour aller visiter TAngleterre, il ne manquait pas d'envoyer à ses amis le détail de ses impressions. Victor Hugo l'en remerciait avec empressement : « Vos deux lettres, cher ami, ont été une vive joie pour moi. J'avais pris, je l'avoue, cette douce habitude de vous voir souvent, d'échanger mes idées avec vos idées, de rôver quelquefois à l'harmonie de vos vers; votre absence me laissait un grand vide. Elle me dépeuplait presque la rue Notre-Dame-des- Champs. Vos deux lettres sont venues, bien bonnes et bien belles qu'elles sont, nous rendre quelque chose de votre vive et haute conversation, de la poésie de votre cœur et de votre esprit... » Puis il lui donnait des nouvelles de sa vie, maintenant (c sevrée de couchers de soleil », et de la vie littéraire ; il s'indignait contre l'article « stupide »de Rémusat sur le « beau livre » de la Poésie française an xvi« siècle ; et il terminait : u Nous vous embrassons tous bien tendrement'. » A son retour, en 1829, Sainte-Beuve soumettait à Victor Hugo le manuscrit de son Joseph Delorme augmenté, grâce à lui,

Page 1