‹ Le livre d'amour de Sainte-Beuve,Chapitre 76 sur 166 · Correspondance, 1815-1835, p · texte numérisé non relu

Correspondance, 1815-1835, p

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Le lendemain de ce baptême, le lundi 20 septembre 1830, le t?/oAe publiait un article de Sainte- Beuve sur Diderot. On y lisait :

Ce serait pour nous une trop longue, quoique bien agréable tâche, de rechercher dans ces volumes et d'extraire ce qu'ils renferment d'idées et de sentiments par rapport à Famour, à Tamitié, à la haute morale et à la profonde connaissance du cœur... Et, pour ne prendre ici que l'amour, quel homme Ta senti et ne sera touché jusqu'aux larmes des pensées suivantes, que nous détachons presque au hasard?

« Faisons en sorte, mon amie, que notre vie soit sans mensonge ; plus je vous estimerai, plus vous me serez chère ; plus je vous montrerai de vertus, plus vous m'aimerez... J'ai élevé dans mon cœur une statue que je ne voudrais jamais briser ; quelle douleur, sije me rendais coupable d'une action qui m'avilît à ses yeux ! »

<c Au milieu de cela, j'envoie quelquefois ma pensée aux lieux où vous êtes, et je me distrais... Avec vous, je sens, j'aime, j'écoute, je regarde, je caresse, j'ai une sorte d'existence que je préfère à toute autre. Il y a quatre ans que vous me parûtes belle; aujourd'hui, je vous trouve plus belle encore ; c'est la magie de la constance, la plus difficile et la plus rare de nos vertus... Mon amie, tout peut s'altérer au monde; tout, sans vous excepter; tout, excepté la passion que j'ai pour vous. »

« Oh ! mon amie, ne faisons point de mal ; aimons-nous

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pour nous rendre meilleurs ; soyons-nous, comme nous l'avons toujours été, censeurs fidèles l'un à l'autre ».

Et Sainte-Beuve continuait les citations du même genre, pour s'écrier enfin. « Jamais puissances du cœur, jamais facultés aimantes ont-elles eu de plus saisissant langage, de plus irrésistibles accents de tendresse ^ ? »

Le 5 octobre, dans un deuxième article, revenant encore à ce sujet de Tamour, il disait :

L'admiration et la sympathie des âmes fortement remuées par les passions s'attachent de préférence à l'amour plus complet, plus sévère et aussi plus fatal, tel qu'il éclate souvent au milieu de la virilité ou même sur le déclin, résumant et consumant du même coup toutes les puissances de notre être. Nous trouvons cette sorte d'amour énergiquement exprimée dans une pièce de vers inédits adressée à un jeune homme qui se plaignait d'avoir passé l'âge d'aimer :

Va, si tu veux aimer, lu n'as point passé l'âge, etc. 2.

Ces vers sont extraits de la première pièce du Livre d'amour! Mais, quand même nous n'en aurions point cette preuve matérielle, il est impossible de se méprendre sur le sens des passages cités et sur l'intention qui les a fait citer. C'est un message adressé à Adèle. Tout concorde : et les sentiments (Finnocence de leur amour, l'union pour le

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