Pièce Vin
du régime de Juillet ont éclaté en public. 11 a écrit pour combattre la royauté-citoyenne née des Trois- Glorieuses. Il a des amis qui le raillent amicalement de sa fougue et qui cherchent à l'attirer près d'eux, loin de Paris. S'ils lisaient le Livre d amour ^ ils se reconnaîtraient sans peine, comme ils le reconnaîtraient, quoique masqué : car il traduit en vers ses articles ou leurs lettres, car il nomme sans détour les lieux qu'ils l'invitent à visiter, car il les désigne ouvertement par leur prénom :
On m'écrit : « Laissez là la politique amère; « Ce roi dans l'embarras vaut-il tant de courroux? « Prolétaire éloquent, un peu moins de chimère ; « Vous avez votre part et nos bois sont à vous
« Le château vous attend.
« Mes filles y seront, et des Rouges-Fontaines
« Nous irons tous revoir l'onde et le hêtre épais,
« Non plus par les hasards des ronces incertaines,
« Mais par les bords riants des sentiers que j'ai faits. »
— Eh ! non, je n'irai pas, — tant la ville inquiète Me tient! Ni ce désert par Ulric embelli.
Ni l'antique Saint-Point, colline du poète, Ni vous qui me priez. Madame, à Chantilly,..
Pardon, je n'irai pas, dans ce Paris je reste. Fièvre de politique, acharnement? — D'accord. Certes, nos parvenus font leur règne funeste, Et c'est mériter bien que de combattre encor ;
i6 LE LIVRE D'AMOUR DE SAINTE-BEUVE
Certes, pour qui rêvait la France souveraine, Elle est pesante aux pieds, nauséabonde au cœur, Depuis deux ans passés, la boue où l'on nous traîne. L'affront a réchauffé mon sang de vieux ligueur ^
— Son nom à lui-môme, — ce nom qu'il nous dérobe, — il nous avertit qu'il a volé déjà sur les lèvres des hommes. Dans sa jeunesse, il a désiré la gloire, et ses premiers vers la lui ont acquise : il a « obtenu plus qu'il n'osait croire ». Mais depuis, une sorte de pudeur ou de lassitude l'a saisi : il a « soudain demandé l'oubli » ; il s'est tu « pour regagner l'obscurité première » et il a « caché la bannière qu'appelaient déjà bien des yeux » : c'est (( aux seuls échos des bois » que sa Muse discrète est maintenant vouée -,
— Cet amour du silence, ce désir un peu maladif de l'obscurité, je ne sais quel effroi superstitieux de l'infortune attachée à son nom, il en a récemment donné une preuve singulière : son amie eut une fille; il en fut le « parrain religieux » ; mais il n'a voulu imposer à sa filleule que le doux prénom de sa mère, refusant, lui dit-il,
Refusant d'ajouter au sien (suivant Tusage)
Un de mes noms; pour toi j'eusse craint le présage^.