‹ Le livre d'amour de Sainte-Beuve,Chapitre 95 sur 166 · Livre d'amour^ pièce XX · texte numérisé non relu

Livre d'amour^ pièce XX

3. Note ajoutée à la pièce, dans les Poésies, II, 101. — N'est-il pas curieux de voir cette note reprendre presque mot à mot quelques expressions de la lettre de Hugo : « tantôt bêtement, tantôt perfidement » et « étourdis ou perfides ». — Si, de plus, on trouve invraisemblable que le mot « parvenu puissant » s'applique à Hugo, on peut remarquer qu'en 1836, un autre ami des débuts de Victor Hugo le désignait par un mot semblable : « parvenu de la gloire ». (Cf. Biké, Victor Hugo après 1830, 1, 184.)

LE LIVRE D'AMOUR DE SAlNTE-BEUVE ibl

Quoi qu'il en soit, après la lettre d'explications de Hugo, les anciennes relations parurent recommencer entre les deux écrivains. Hugo prenait Sainte-Beuve comme intermédiaire entre Buloz et lui-même ^ Dans ses lettres, il s'émouvait au rappel de souvenirs anciens : « Votre amitié est encore un des meilleurs endroits de ma vie. Je n'y songe jamais qu'avec attendrissement. Je relisais l'autre jour les Consolations, Où est-il, ce beau passé? Ce qui ne passe pas, c'est un souvenir comme le vôtre dans un cœur comme le mien 2 ». H l'assurait de sa tendresse et faisait en sorte de dîner avec lui 3. Il prenait soin d'écarter entre eux toutes les causes de malentendu^. Cela n'empochait pas Sainte-Beuve de lui écrire, dans un moment de mauvaise humeur, une lettre aigre-douce, oîi il insinuait que le cœur de Victor Hugo n'était pas à la hauteur de son génie. Le poète répondit avec tristesse. 11 sentait bien que son intrigue avec Juliette était au fond de ces reproches et il plaidait à mots couverts les circonstances atténuantes : « Aimer, et avoir besoin d'amour et d'amitié, mettez CES DEUX MOTS SUR QUI VOUS VOUDREZ, voilà le fond heu-

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