‹ Le livre d'amour de Sainte-Beuve,Chapitre 96 sur 166 · Ibid., p. 300 (20 août · texte numérisé non relu

Ibid., p. 300 (20 août

152 hE LIVRE DAMOUU DE SAINTE-BEUVE

reux ou malheureux, public ou secret, sain ou saignant (le ma vie » ; il lui rappelait discrètement ses torts : « Vous m'aimez moins qu'il y a deux ans, moi, je vous aime plus. En y réfléchissant, on voit que c est tout simple. C'est moi qui étais le blessé. L'oubli lent et graduel de part et d'autre des faits qui nous ont séparés tourne pour vous dans mon cœur et contre moi dans le vôtre »; enfin il ajoutait : « Tout était encore tellement adhérent à vous de mon côté que votre lettre, en m'annonçant que je n'ai plus en vous un ami, me laisse tout vif et tout déchiré. La plaie saignera longtemps. Adieu. Je suis toujours à vous du fond du cœur. Ma consolation dans cette vie sera de n'avoir jamais quitté le premier un cœur qui m'aimait*. ».

Et Sainte-Beuve, pris de remords, retirait ses plaintes, à la grande joie d'Hugo. H lui proposait de s'entendre pour dîner ensemble une fois la semaine^. Il assistait aux lectures de Marie Tudor'^. II écrivait au poète :

Mon cher ami, dimanche ou lundi, si vous voulez, je vous attendrai à cinq heures et demie ou six heures à la Rotonde et nous causerons, pour tout ce temps qui m'a paru si vide

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