CHAPITRE XXXII
Le paradis terrestre et l'arbre de la science. .
1. Après ^ (avoir senti) ces parfums, comme je regardais vers le nord'^, au delà des montagnes, je vis sept mon-
1 Le 2e groupe, sauf E, W : « une autre montagne. » — D, P, V, W, Y : « sur laquelle. »
2 Le 2^ groupe : « et il (en) sortait de Teau, et il s'en échappait, >> etc.
3 (( Broie, » d'après le grec Tp'.êw(7Lv ; le traducteur éthiopien a lu probablement Xàêwfjiv, car il a traduit « lorsqu'on prend )^.
4 G, comme titre : « De l'arbre de la science dont mangèrent Adam et Eve; où il vit les sept montagnes remplies d'épis odoriférants. »
a « Des bocages d'arbres. »
h u Sarran » (espèce de gomme).
c (( Une autre montagne à l'orient des extrémités de la terre et tous les arbres plein (sic) sur le champ, à la ressemblance des amandes (y. 3) lorsqu'on les broie. C'est pourquoi il est plus odoriférant que tout parfum. » Ici encore, le texte grec est altéré.
d Au début du verset, lacune ... « vers le nord, du côté de
XXXI, 1. Le galbanum était une substance résineuse très odorante , qui entrait dans la composition des parfums sacrés : Exode,
74 LIVKE D'HÉNOCH XXXII, 2-3.
tagiies remplies de iiard pur ' , d'arbres - odoriférants , de cannelle et de poivre. 2. De là je franchis le sommet de ces montagnes, au loin vers l'orient, et je traversai la mer Erythrée et je m'en éloig^nai ^ , et je passai au-dessus de l'ang-e Zotiel [sic). 3. Et j'arrivai dans le paradis de
1 (< Nard [)ur. ■• litl. dans l'éthiopien : - de beaux épis odoriférants. >'
2 Le l^"" groupe, sauf Q : « un arbre. »
•* « Et je m'en éloij^nai ■> manque dans V.
l'orient, je vis sept montag^nes, pleines de nard excellent, de lentisque, de cannelier et de poivrier (f. 2). Et de là je me rendis vers Tasarkas (?), très éloigné de toutes ces montagnes à l'orient de la terre, el je franchis au-dessus de la mer Erythrée et je partis vers Akrôn ^^les extrémités), et de là je passai au-dessus de Zotiel (f. 3). Et j'arrivai au paradis de la justice et je vis de loin des arbres plus nombreux que ces arbres-ci (le traducteur éthiopien n'a pas vu que TrXE-.'wv est un comparatif) , et de grands (arbres) poussant là, extrêmement grands, beaux et remarquables et magnifiques, et l'arbre de la sagesse dont on mange le saint fruit, et on sait une grande science {f. 4). Cet arbre était semblable au pin pour l'élévation, mais ses feuilles (étaient) semblables au caroubier et son fruit comme les grappes extrêmement agréables de la vigne; et son odeur se répandait loin de l'arbre. »
XXX, M. Voir LiJw, Arainaïsche Pflunzennamen, Leipzig, 1881, n" H5. — Sur les hypothèses émises sur la nature du sarran, sans doute une espèce de gomme, voir Lods, p. 194. Cf. l'hébreu sort
XXXII. 2. Au loin vers l'orient. Sur la situation du paradis terrestre à l'orient, voir Genèse, ii, 8. — La nier Erythrée, c est- k- dire ici le golfe Porsique et l'océan Indien. — Zotiel : d'après Dillmann, l'ange qui gardait l'entrée du paradis,
3. Les arbres dont il est parlé ici sont-ils les arbres du y. 1? Le mot éthiopien kahnkelîliômù , (|ue nous avons rendu par « au delà », est d'une signification très incertaine. — Le paradis de justice est placé à l'est, à peu près comme dans lxxvii, 3 (nord-est\ tandis que, d'après lxx, -^ , il est au nord -ouest; mais, dans ce dernier passage, il s'agit du paradis, séjour des justes et des élus; dans les premiers, au contraire, du paradis terrestre, celui qui fut le séjour d'Adam el d'Eve, on ne voit pas que les élus y habitent.
justice, et je vis au delà (?) de ces arbres ^ , des arbres nombreux et grands ; ils poussent là même , et leur odeur est suave: ils sont élevés, d'une grande beauté, et magnitîques ; et il y a ' là ) l'arbre de la sagesse : ceux qui en mangent possèdent - une grande sagesse. 4. 11 ressemble au caroubier ; son fruit , semblable à une grappe de vigne, est très beau ^ ; et l'odeur de cet arbre se répand et pénètre au loin. 5. Et je dis : « Comme cet arbre est beau, et comme son aspect est "beau^ et] agréable! » 6. L'ange saint, Raphaël, qui était avec moi, me répondit et me dit : « C'est l'arbre de la sagesse, dont mangèrent ton vieux père ^ et ta vieille mère, tes aïeux ; et ils connurent la science, leurs yeux s'ouvrirent, ils surent qu'ils étaient nus. et ils furent chassés du paradis. »