CHAPITRE LXXXIII
Premier songe d'Hénoch. Son grand-père Malaleel le lui explique.
1. Et maintenant donc, je vais te montrer, mon fils Mathusala, toutes les visions que j'ai vues, je vais les raconter devant toi. 2. Je vis deux visions a^-ant de prendre
A partir de ce chapitre, le ms. U est de plus eu plus abrégé. Nous n'indiquerons que les principales altérations.
LXXXIII. Cette section est le récit de deux songes d'Hénoch : le premier ( lxxxiii-lxxxiv) a trait au déluge; le second (lxxxvxcj est un tableau de l'histoire du monde, depuis la création du premier homme jusqu'à l'âge messianique. Dans la pensée des auteurs de livres apocalyptiques , l'histoire du passé est la meilleure justification de leurs vues sur l'avenir; c'est dans les siècles écoulés qu'on trouve réalisée la première partie du plan divin , et qu'on peut par conséquent entrevoir l'ébauche de la seconde, de celle qu'ils prédisent. — Ici Hénoch s'adresse à son fils Mathusala, et lui raconte tout ce qu'il a vu.
2. Avant de prendre femme, c'est-à-dire, d'après Gen., v, 21, avant qu'Hénoch eût soixante-cinq ans. Il avait eu la première vision quand il apprenait à écrire, donc dans sa jeunesse, presque dans son enfance. Béer en conclut que l'auteur de ce livre regardait la virginité comme une vertu indispensable aux prophètes, et il rapproche ce passage de Jérémie , xvi, 2. Ailleurs Hénoch ne dit pas de ses
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femme, et l'une ne ressemblait pas à l'autre : la première quand j'apprenais à écrire, et la seconde avant de prendre ta mère ^ ; je vis une vision terriljle, et à leur sujet je suppliai le Seigneur.
3. J'étais couché dans la maison de Malaleel, mon grandpère ; je vis en vision le ciel abattu, enlevé ^ et tombant sur la terre"*. 4. Et lorsqu'il tomba sur la terre, je vis la terre eng-loutie dans un grand abîme , les montagnes suspendues sur les montagnes, les collines s'abîmant sur les collines ', et de grands arbres séparés de leurs troncs, projetés et submergés dans l'abîme. 5. Alors une jDarole tomba dans ma bouche, et j'élevai (la voix) ^ pour crier, et je dis : « La terre est détruite. »
6. Alors Malaleel, mon grand-père, m'éveilla, comme j'étais couché près de lui, et me dit : « Pourquoi cries-tu ainsi, mon fils, et pourquoi gémis-tu de la sorte? »
7. Alors je lui racontai toute la vision que j'avais vue, et il me dit : « De même que tu us vu une chose terrible, mon fils, et qu'elle est terrible la vision de ton songe sur les mystères de tous les péchés de la terre, ainsi elle (la terre) est sur le point d'être engloutie dans les abîmes, et d'être ruinée d'une grande ruine. 8. Maintenant, mon fils,
1 E ajoute : « Edna. ■>
2 U et A, y ometlent (^ enlevé ».
3 Q omet « et tombant sur la terre ». i Q : <' et les coIUnes s'abîmant. »
5 G : « et je me levai pour crier. » — T : « et je commençai à crier. »
autres visions, même de celles où il se voyait Iranspoi-lé en présence de Dieu, qu'il les a eues avant de prendre femme. — Le Livre des Jubilés, IV, 19, rappelle ces songes d'IIénoch. D'après le même livre {ibid.), Ilénoch fut le premier qui apprit à écrire.
4. C'est le déluge (|ui est la cause de tout ce bouleversement.
5. Une parole tomba dans ma bouche, c'est-à-dire une exclamation spontanée jaillit de mes lèvres.
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lève -toi et i)rie le Seigneur de gloire ', puisque tu es fidèle, pour qu'il reste un reste sur la terre et qu'il (Dieu) n'anéantisse pas la terre tout entière. 9. Mon fils, tout cela doit venir du ciel sur la terre , et il y aura sur la terre une grande ruine. »
10. Alors je me levai, et je priai, et je suppliai, et je demandai 2, et j'écrivis ma prière ^ pour les générations du monde, et je te montrerai tout, mon fils Mathusala. 11. Or quand je me rendis en bas et que je vis le ciel, et le soleil se lever à l'orient, et la lune descendre ' à l'occident, et de rares étoiles, et toute la terre '^, et tout ce qu'il a fait'^ au commencement, je bénis le Seigneur du jugement, et je l'exaltai, parce qu'il fait lever le soleil par les fenêtres de l'orient , de sorte qu'il monte , et qu'il brille à la face du ciel , et qu'il se met en route ' pour parcourir la voie qui lui a été montrée.
1 E : u le Seig^neur des esprit?. »
2 Q et le 2e groupe omettent « et je demandai ■. — G : « et je priai, j'écrivis pour les g-énérations, » etc.
3 U omet << ma prière ».
4 G, M, Q, U : <' le soleil et la lune descendre. "
5 T, U, A, B, E, V, W et N omettent « et toute la terre ».
6 U omet « ce qu'il a fait •>. — Q : « et tout ce qu'a connu le saint, et je bénis, » etc.
" T et D, V, Y : u il s'est levé. ■•
10. La prière qu'il écrit est probablement celle du ch. lxxxiv, 2-6. Il la donne seulement après avoir raconté tout le songe.
11. Quand je me rendis en bas. Hénoch, à son lever, sort de la maison de Malaleel , et se réjouit de voir que le songe qu'il a eu n'est pas encore réalisé et que tout se passe comme auparavant. — Ce qu'il a fait au commencement. Les mss. portent : u ce qu'il a connu au commencement. » Il est possible que le traducteur grec ait confondu hékin et héLin ( Margoliouth), ou que le traducteur éthiopien ait pris £vor,Tcv pour l-o-.r.TEv. (Flemming.)
196 LIVRE D'HENOCII LXXXIV, 1-3.