Puis il appela soixante-dix- pasteurs et il leur livra
1 G : « par tous. » sans « bétes sauvages ». — - Q : <- par tous les lions et les bêtes. ■■ etc.
2 G, M, Q. U : " sept pasteurs. -
59. Les soixante-dix pasteurs. Dillmann et Ewald avaient pensé que ces pasteurs étaient les rois païens oppresseurs d'Israël. Cette opinion permettait de voir dans rallégorie des soixante-dix pasteurs le développement de Zacharie , i , 14 -io : " Ainsi parle Jéhovah des armées : J'ai été ému d'une grande jalousie pour Jérusalem et pour Sion , et je ressens une violente indignation contre les nations qui vivent dans l'opulence; car moi. j'étais peu irrité, et elles ont. elles, travaillé à la ruine. ■■ Mais Hoffmann Schriftbeueis, t. i, p. 422) en a montré les difficultés : selon lui, les soixante -dix pasteurs sont plutôt des anges. Son interprétation a été acceptée par la plupart des critiques (cf. Charles, p. 242-244, et Schiirer, Geschichte des judischen Volkes, 3« éd., Leipzig, 1898). Nous l'adoptons nous aussi, et en soulignant le fait que les soixante-dix pasteurs sont chargés de régir Israël successivement, chacun pour une période, et non simultanément. C'est la seule interprétation, nous semble-t-il, qui permette de résoudre toutes les difficultés, et d'expliquer les versets 64; xc, 1 , b, etc.
En effet : 1 . les soixante-dix pasteurs sont appelés tous à la fois devant Dieu pour s'entendre confier leur mission , ce qui se comprend très bien si ce sont des anges, mais fort peu si ce sont des rois païens, qui pour la plupart n'existent pas encore. — 2. Ce ne sont pas des rois païens, puisqu'ils livrent v. 65'/ une partie des brebis aux bêtes sauvages, c'est-à-dire aux Gentils. — 3. .Jusqu'ici les Juifs, aussi bien que les païens, ont été représentés par des animaux et non par des hommes. Les hommes représentent donc des anges. — 4. Le rôle de celui qui inscrit les pertes et les montre à Dieu, ne peut être tenu que par un ange. Or il est de la même nature que les pasteurs, puisqu'au y. 61, on le considère simplement comme " un autre par rapport aux pasteurs. Cf. xc, 22. — 5. Dans le dernier jugement , ils sont jugés avec les anges déchus : xc, 2i-2o. — 6. L'idée des soixante-dix pasteurs semble être faite pour explic|uer les malheurs d'Israël. Au début, Dieu était lui-même le pasteur de son peuple. Il n'aurait pu permettre que de si grandes calamités lui arrivent; surtout il n'aurait pas frappé lui-même Israël d'un châtiment plus grand qu'il ne le méritait. Mais, par suite de l'idolâtrie des Israélites, Dieu a confié le
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ces brebis pour les faire paître. Et il dit aux pasteurs et à leurs serviteurs : i< Que chacun de vous désormais fasse paître les brebis, et tout ce que je vous ordonnerai, faitesle. 60. Je vous les livrerai en nombre (déterminé) et je vous dirai celles qui doivent périr', et celles-là, faitesles périr. ' — Et il leur livra ces brebis.
1 M : que vous devez faire périr.
soin de son troupeau à soixante-dix anges. Ceux-ci s'acquittent mal de leur lâclie , et c'est pour cela qu'Israël est écrasé. Ses malheurs sont hors de proportion avec ses fautes; ils ne peuvent s'expliquer que par la négligence des soixante-dix pasteurs. Cf. Charles, p. 242- 244, et Schiirer, loc. cit.
Béer, p. 294, voit dans les soixante-dix pasteurs les types célestes {himmlischen Gegenhilder) des princes païens, auxquels Dieu aurait confié le soin de régir Israël, quand celui-ci eut perdu son indépendance. Cette opinion essaye de fondre les autres explications proposées; mais il nous paraît bien difficile de la justifier. Dieu avait déjà confié son peuple aux soixante-dix pasteurs, quand l'invasion assyrienne eut lieu (v. 63-t)7 .
Les soixante-dix pasteurs paraissent être une transformation des soixante-dix années de Jérémie (xxv, 11-12, et xxix, 10 : cf. II Par., xxxvi , 21), dont Daniel a fait les soixante-dix semaines d'années (Dan., IX, 2, 24-27). Cf. Dillmann, p. 26:i.
L'auteur d'Hénoch fait d'ailleurs, lui aussi, de ce nombre de soixante - dix la base de sa chronologie. Il divise cette partie de l'histoire en soixante-dix sections, dont chacune correspond à un pasteur, groupées en quatre j)ériodes : 12 -j- 23 -|- 23 -}- 12. La première période s'étend depuis l'invasion assyrienne jusqu'au retour de la captivité sous Cyrus (722-537); la deuxième, depuis Cyrus jusqu'à Alexandre le Grand 537-333); la troisième, depuis Alexandre le Grand jusqu'à l'apjjarition des Machabées (période grecque, 333-200 environ); la quatrième, depuis les préludes du soulèvement des Machabées jusqu'au temps de l'auteur. Les principaux jalons de cette division symbolique sont nettement marqués; mais il est impossible de prouver que, dans les détails, elle répond exactement à la chronologie réelle. Tous les eflorls tentés dans cette voie ont échoué. Il est même fort j)robable que son auteur n'avait pas en vue cet accord détaillé, qu'il voulait donner seulement une esquisse à grands traits, en classant les événements dans quatre périodes : une courte, deux longues, une courte, renfermées dans le nombre symbolicjue de soixante-dix. En réalité, il a certainement beaucoup trop rapetissé la première et la seconde période, comparativement aux deux autres.
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61. Puis il en appela un autre et lui dit : « Considère et vois tout ce que les pasteurs font à ces brebis , car ils en font périr plus que je ne leur ai commandé. 62. Et [ pour tout excès et perte qui seront l'œuvre des pasteurs, écris combien ils en font périr par mon ordre , et combien ils ' en ) font périr de leur chef. Toute perte de chaque pasteur inscris-la à leur compte. 63. Lis ensuite le nombre devant moi : combien ils en auront fait périr i , et combien on leur en avait livré pour la destructions, afin que ce me soit un témoignage contre eux 3, pour que je .sache toute la conduite des pasteurs, que je les mesure^ et que je voie ce qu'ils font , s'ils s'en tiennent ou non ^ à l'ordre que je leur ai donné. 64. Mais qu'ils ne le sachent pas. et ne le leur fais pas connaitre et ne les avertis pas, mais inscris toute destruction des pasteurs, un par un, en son temps, et fais monter tout cela devant moi. »
65. Et je vis jusqu'au moment où ces pasteurs firent paitre , ' chacun en son temps . et se mirent à tuer et à
1 B, C, E, P, V ajoutent : <■ de leur propre chef. » - M : " envoyé et livré pour la destruction. ■> 3 M : « leur témoignag'e et un témoiornage contre eux. -■ ■i G, Q ont ewaHenômu , « je les commence, » qui ne donne aucun sens. Tous les autres mss. ont emaUevômu, >• je les livre, • qui n'est pas meilleur. Nous avons adopté la correction de Flemming emattenômu . « je les mesure. ■' c'est-à-dire " j'apprécie leur conduite •.
J G omet (' ou non •.
61. Un autre. Cet autre est un ange (cf. v. '69, note 4) et même un archange (xc, 22), peut-être Michaël.
64. Un par un, en son temps. Bien que les soixante-dix pasteurs aient été appelés tous en même temps v. 39;, ils prennent à tour de rôle, et chacun pendant une période déterminée, le soin de veiller sur le peuple de Dieu. Ce verset est inexplicable dans l'hypothèse où les anges veillent simultanément.