‹ Le livre d'HénochChapitre 29 sur 278 · VERSIONS ET ORIGINAL LV · texte numérisé non relu

VERSIONS ET ORIGINAL LV

Q : Berolinensis Peterm., 11, Nachtr., n» 29 '. — R : Abbadianus-, 16. — S: Abbadianus, 30. — T : Abbadianus, 33. — U : Abbadianus, oo. — V : Abbadianus, 99. — W : Abbadianus, 197. — X : Romanus^, 71. — Y: Monacensis, 30. — Z : Parisinus*, 30. — T)' : Parisinus, 49,

Plusieurs de ces manuscrits sont des copies de la Bible éthiopienne, dans lesquelles Hénoch se trouve placé au milieu des livres de l'Ancien Testament, quelquefois avant celui de Job. Gomme les autres manuscrits éthiopiens, ils sont tous écrits sur parchemin.

Après U, qui remonte peut-être au xv'^ siècle, les plus anciens, G et Q, remontent au xvi^ siècle, quelques-uns, P, T, X, Y, Z, et peut-être W, au xvii''; la plupart. A, B, G, D, E, H, J, K, L, M, X, 0, S, W (?), Z" (copie de B) seulement au xviii^ , et trois F, R, V, au XIX^

La version éthiopienne a été faite sur le grec. Plusieurs passages, dont nous avons encore le texte grec, sont inintelligibles ou donnent un sens peu satisfaisant dans le texte éthiopien. Si on les rapproche de la version grecque, on constate que les non -sens ou les contre-sens sont dus à une mauvaise lecture du grec. Ainsi le traducteur éthiopien a lu Apoi; au lieu de Ixfso el;, vi, 6; — [j<.£t' aÙT-i au lieu de ixîraXXa, VIII, 1 ; — 'J- t'A a-JTO'jç au lieu de èîç aùro-jç, IX, 11; — <7TScioj;jL-x au lieu de T-Yip'.v'xa, XVllI, 3; — xal xÏtX sxsTva au

lieu de y.7.-i/.zvjx^ xviii, 9; — au<7rr,p;'oj au lieu de a'jpi'wv, xviii, 16; — xxTX'îxe'JX'jTov au lieu de àxaTa^xsJaT-ov , XXI, 2; — y.yy.oî au lieu de y.oïXot, et x-jy.Awj.T.-y. au lieu de /.oih'yj.y-'x ^ xxii, 2; — Ëav-fjCTa au lieu de ùW^Ta, xxvii, 3, etc. ^.

^T>illïmLnn,DieHandschriften-Verzeichnisse der K<jl.Bibliolhek zuBerlin, t. i!i, Vcrzeichniss der ahessinischen Handschriflen , Berlin, 1878, n° 1.

- Catalogue raisonné des manuscrits éthiopiens, appartenant à Antoine d'Ahhadie, Paris, 1859.

3 Cf. Mai, Scriptorum veterum nova collectio, Roma-, 1831, t. v,2, p.lOO.

^ Zotenberg-, Catalogue des manuscrits éthiopiens {Gheez et Amharique) de la Bibliothèque nationale, Paris, 1877.

s Voir dans le corps de la traduction les notes ou les variantes du grec qui concernent ces passages.

LVI LIVRE D'IIÉNOCH

Elle remonte donc à l'époque où la Bible fut traduite en éthiopien sur le texte grec de TÉglise d'Alexandrie , entre le iv* et le vi* siècle '.

Le texte grec ne nous est parvenu qu'à l'état fragmentaire, dans quelques versets d'un manuscrit du Vatican, des extraits conservés par le Syncelle, enfin quelques chapitres sur un papyrus dit de Gizeh.

Le fragment du Vatican ne contient que lxxxix, 42-49. Les locutions insérées par l'auteur de l'extrait dans le "f. 47 ; é^'^iç Sa TO'JTOiç yéyp'XT-.Txi , oTt b xp'.oç... eh' èOscjpouv, cpT|5iv... prouveraient, d'après Gildemeister ^, qu'il n'avait pas le Livre d'Hénoch en entier devant lui, mais qu'il citait de seconde main ^.

Les citations du Livre d'Hénoch dans la Chronographie de Georges le Syncelle (c. 800) sont plus considérables. Elles portent sur vi-ix, 4; viii, 4-x, 14; xv, 8-xvi, L Un de ces passages, vin, 4-ix, 4, est donc cité deux fois*.

Le papyrus de Gizeh ^ a été écrit entre le vm^ et le xiic siècle. Il comprend les trente-deux premiers chapitres, environ le cinquième du Livre d'Hénoch. Là aussi quelques versets, xx, 2-xxt, 9, sont reproduits en double rédaction.

Le texte du Syncelle et celui de Gizeh sont des témoins de deux recensions différentes. Ils présentent, dans les passages communs, de nombreuses variantes, dont quelquesunes, V. g. sur VI, 7, et vni, 3, sont d'une importance réelle. De plus, le Syncelle donne des additions assez considérables à VII, 1, IX, 6, et surtout après xvi, 1, qu'on ne trouve pas sur le papyrus de Gizeh.

C'est sur la recension représentée par le grec de Gizeh, mais sur un texte plus ancien, qu'a été faite la version

' Dillmann, Das Buch Jlenoch, Leipzig, 1853, p. lix.

2 Zeilschrifl (1er Dculschen Morgenlànd. Gcsellschafl , 1855, p. 621.

3 Pour ce fragment, voir la bibliographie, infra, p. cxl, et les principales variantes qu'il fournit, p. 213-214.

* Voir la bibliograpliie, infra, p. cxi,.

" Voir infra, p. cxxxvni, l'histoire de sa découverte, et p. cxl, la bibliographie.

VERSIONS ET ORIGINAL LVll

éthiopienne'. Pas plus, en effet, que le papyrus de Gizeh, elle ne contient les additions du Syncelle. Dans les variantes importantes, elle s'accorde assez généralement avec le grec de Gizeh contre celui du Syncelle *, et elle présente les mêmes leçons fautives que le papyrus dans les cas où le Syncelle donne la bonne leçon, v. g. x, 7, « les veilleurs ont frappé » (Gizeh), ou «tué» (éthiopien), au lieu de « les veilleurs ont appris » (Syncelle) ^. Cependant, au début du même verset, x, 7, le grec de Gizeh donne la bonne leçon « afin qu'ils guérissent leur plaie », et dans xv, 8, la mauvaise « esprits puissants », dans les deux cas contre l'éthiopien et le Syncelle réunis *.

Aucune de ces recensions ne représente l'original du Livre d'Hénoch. La langue originale de ce livre n'est pas le grec, comme l'ont prétendu Philippi! ^ et Volkmar ^; c'est une langue sémitique, et très probablement l'hébreu.

En s'appuyant sur les fragments du Syncelle, les seuls qui lui fussent connus, Jos. Scaliger (1609) pouvait écrire déjà : Ex hehraismo conversa sunt ut etiam mediocriter hebraice perito constare potest et vetustissimus est liber ^. Après la découverte de la version éthiopienne, Laurence et

1 Voir infra, p. cxxxviii , l'histoire de sa découverte, et p. cxxxix, la bibliographie.

» V. g. VI, 2-4; VII, 1; vm, 2,3; ix, 6,10; x, 2,3,11.

3 Cf. X, 11, 14; XV, 9, 10.

^ Voir infra,, les notes sur tous ces passages. Cf. Lods, Le Livre dHénoch, Paris, 1892, p. xxviii sq. ; Charles, The Book of Enoch, 1893, p. 321 sq.

5 Das Biich Henoch, Stuttgart, 1868, p. 124-127. Il se base sur le jeu de mots de vm, 3, entre <î>ap(jiapc); et çaptiaxEca;, possible en grec seulement. Mais le jeu de mots n'existe que dans le Syncelle. Les autres témoins ont lu Armaros et un texte très différent; d'ailleurs le grec du Syncelle a subi quelques remaniements , et il a trop souvent défiguré les noms propres primitifs pour qu'on puisse tirer une preuve quelconque de celui-ci. Les autres arguments de Philippi sont encore moins sérieux : la traduction éthiopienne, dit-il, a été faite sur le grec; les Pères ne connaissaient que le texte grec ; personne n'a vu le texte hébreu !

6 Zeitschrift der Deatschen Morgenliind. Gesellschafl , 1860, p. 131.

' Josephi Scaligeri Animad vers io nés in chronologica Eusehii. Leyde, 1606, p. 245.

LVm LIVRE D'HÉNOCII

A. G. Hoffmann reprirent cette thèse , que Dillmann ^ et surtout Halévy "^ ont définitivement démontrée.

Le Livre d'IIénoch contient des étymologies et des jeux de mc'ts, par exemple sur Hermon '^, sur les noms des archanges *, des quatre vents ^, du soleil et de la lune ^, sur celui de Noé '', qui reposent sur l'hébreu. La comparaison assez bizarre de xcviii, 4 n'a de sens qu'en hébreu où (( montagne » est du masculin et « colline » du féminin. Quelques passages obscurs et quelques leçons fautives ^ ne s'exjîliqucnt que par les méprises d'un traducteur qui a mal lu ou qui n'a jDas compris un original hébreu. Le traducteur grec s'est même contenté de transcrire quelques mots hébreux qu'il ne comprenait pas : mamzcrim, « les bâtards^ »; hath, nom de mesure'"; pouk, « l'antimoine" ».

Cependant quelques critiques , Vernes ^^, Lévi *^, Wellhausen'*, Schiirer'', tiennent pour un original araméen. Ils s'appuient sur les terminaisons araméennes des mots (fouxà*'', Mxvooéapx ^^ et BâêoYipa ^^ (pour madbara), transcrits par le traducteur grec. Dillmann lui-même mitigé sa première opinion dans un de ses derniers articles , et admet un original « hébreu -araméen » '^.

Le Livre d'Hénoch ne nous est donc connu que dans une traduction pour quelques chapitres et dans une traduction

* Dus Buch Hcnoch, 1853, p. li-liii.

2 Journal asiatique, VI» série, t. ix, 1867, p. 352-375; Cf. Lods, Le Livre d'Hénoch, 1892; Dillmann, Sitzunf/sher. der Akad. der Wissensch. zii Berlin, 1892, p. 1039; Kônig , Einleitung in das Aile Testament, 1893, p. 19»; Béer, Das Buch Ilenoch, dans Kautzsch , Die Apokryphen etc., t. ii , p. 217- 218, etc.

3 VI, 6. — < X, 7; XL, 9. — " lxxvii, 1. — "^ i.xxvui, 1 cL 2. — ' cvi , 18, cl cvii, 3. — » V. g. X, 17; xc, .38; ci, i. — 'J x, 9. — '" x, 19. — " xviii, 8.

1^ Histoire des idées inessiani(/ues, Paris, 187i.

1^ Iterue des éludes juives, t. xxvi, 1893, p. 149.

'< Sliizzen und Vorarbeilen, t. vi, 1899, p. 211, Anincrk. 1 et p. 260.

'^ Geschichte des Jûdischen Volkes, 3" c5dition , t. m, 1898, p. 203.

'fi xvni, 8. — " xxviii, 1. — >8 XXIX, 1.

'9 Sitzungsher., p. 1052-1051.

Page 1