DATES ET AUTEURS CI
dont Daniel avait fait les soixante-dix semaines d'années', etc.
L'auteur du livre astronomique, lxxii-lxxxu, et celui ou ceux des frag-ments sur le monde physique , trouvaient dans la Bible, même dans le Livre de Job, de belles descriptions plutôt que des essais scientifiques. Pour construire leurs théories, ils puisèrent à d'autres sources, avant tout dans la cosmogonie babylonienne. La marque d'origine est bien accusée dans la conception du fondement des cieux, xviii, o; la distinction des eaux en eaux du sexe masculin et en eaux du sexe féminin, liv, 8; la séparation de Béhémoth et de Léviathan. lx, 7-10; les théories sur les portes du ciel et le char du soleil, lxxii, 2, 5, 6 ; les signes du zodiaque distincts des étoiles , xlvui , 3 , LXXII, 13 -. Dans le Livre d'Héiioch, lxxiv, 12, c'est la lune qui change les années, comme dans la légende babylonienne de la création, v, 13, elle annonce les jours; la description de ses phases, dans lxxiii, paraît modelée sur les lois fixées à la lune par Marduk, autant qu'on peut en juger dans l'état actuel du texte babylonien^. Des deux côtés, c'est la même préoccupation de ne pas laisser errer les astres et de les faire paraître en leur temps ^. Le système des jours intercalaires de Lxxv, 1 , semble même porter des traces de l'animisme babylonien ^, et l'attribution d'anges ou d'esprits distincts à tous les astres, à tous les éléments, à tous les phénomènes atmosphériques ^, aux quatre parties de l'année, aux douze mois, à tous les jours de l'année', n'est guère que la transposition monothéiste de la doctrine babylonienne , qui leur préposait et leur identifiait des divinités
' Xoïv inf'ra, noie sur ce passage, p. 217.
2 Voir dans le corps de la traduction les notes qui concernent ces passages.
* Légende de la création, v, 14-20.
* Ibidem, v, 6, 7; inf'ra, hxxx, 6, etc. 5 Voir p. 174, note sur ce passage.
^ Voir supra, p. .\xiv-.\xv.
eu LIVRE D'HÉNOCH
OU des esprits subalternes'. C'est par une adaptation du même genre que le Livre d'Hénoch - fait des étoiles du ciel l'image des justes, alors que la cosmogonie babylonienne en fait l'image des grands dieux -'. La division du monde par les Babyloniens en sept tupqàti, sept zones concentriques et parallèles selon les uns (Jensen), sept régions superposées ou étages selon les autres (Winckler), a inspiré sans doute plusieurs divisions géographiques en sept parties, v. g., sept montagnes, sept fleuves, sept îles, qui sont employées fréquemment dans le Livre d'Hénoch *.
Les légendes mythologiques de Babylone ont laissé également leur empreinte sur plusieurs passages de notre livre, qui n'ont rien à voir avec le monde physique : probablement le nom de l'ange Kôkabiel, vi, 7; la description des mauvais esprits, xv, 11; les eaux de vie, xvn, 4; les livres de vie, xlvii, 3 ; le secret du déluge, lxxxix, 1 ; le séjour d'ilénoch aux extrémités de la terre, lxv, 2 et cvi, 8 ^. llénoch lui-même, qui a vu tous les secrets des deux , xLi , 1 , est le septième patriarche depuis Adam , comme Enmeduranki, que Shamash et Adad ont introduit dans leur société, et auquel ils ont confié le secret d'Anu, de Bel et d'Ea, la tablette des dieux et le sachet de cuir de l'oracle des cieux et de la terre, est le septième roi babylonien antédiluvien. Mais Enmeduranki ne reçoit la tablette des dieux que pour devenir à son tour l'instructeur des harû , les professionnels de la divination babylo-
' (]f. Morris .laslrow, jr.. Die Hclifiion Babyloniens iiiid Assyriens. l'JOf), p. is.
î xi.vi, 7.
' Léijcnde de la création , v, 2.
* r,xxvn, J-8; cf. xvni, 6, xxiv, 2; xxxii, 1; i-ii, 2. Voir Jeiiscn, Die Kosmologie der Bahylonier, 1890, p. 163, 255; Mylhen und Epen, 1901, p. 340 et 586; A\'iiicklcr, (ieschichle Israels, II, 1900, p. 108, note 6; Schralicr, Die Keilinschriften und das Aile Testament. S-" édition, 1903, p. 615- 01 s (Zimmern).
* Voir dans le corps de la traduction les notes qui concernent ces passafres.