CHAPITRE VI L'union des anges avec les filles des hommes
1, Or, lorsque les enfants des hommes se furent multipliés, il leur naquit en ces jours des filles belles et jolies; 2. et les anges '■* , fils des cieux ^ , les virent, et ils les dési-
1 Q : « les anges, lils des hommes. »
•■' Le Syncelle : « ... les veilleurs, et ils s'égarèrent à leur suite (des filles des hommes) et ils dirent les uns aux autres. »
1. Cf. Genèse, vi, 1-4. « Lorsque les hommes eurent commencé à être nombreux sur la surface de la terre, et qu'il leur fut né des filles, les fils de Dieu virent que les filles des hommes étaient belles, et ils en prirent pour femmes parmi toutes celles qui leur plurent. Et Jéhovah dit : « Mon esprit ne demeurera pas toujours dans l'homme, car Ihomme n'est que chair, et ses jours seront de cent vingt ans. » Or les géants étaient sur la terre en ces jours-là, et cela ({uand les fils de Dieu se furent unis aux filles des hommes, et qu'elles leur eurent donné des enfants ; ce sont là les héros renommés dès les temps anciens. » Cf. Pliilon, De fjiyantibus; S. Justin, Apologie, i, 5; Pseudo- Clément, Ilom. , viii, \2 et s.; Clément d'Alex., Stromates, V, I, 10; Tertull., De virgin. veland., vu; Adv. Marcionem, v, 18; De idol., IX ; Lactance, Jnst., ii, 15; Commodianus, Instruct., i, 3; S. Augustin, De civUate Dei, xv, 23, etc. — Les Jubilés, iv, 15, donnent une raison dilTérente de la descente des anges : « Dans ses jours (de
rèrent. et ils se dirent entre eux : « Allons, choisissons-nous des femmes parmi les enfants des hommes et engendronsnous des enfants. » 3. Alors Semyaza, leur chef, leur dit : « Je crains que vous ne vouliez peut-être pas (réellement) accomplir cette œuvre, et je serai, moi seul, responsable d'un grand péché. » 4. Mais tous lui répondirent ^ : « Faisons tous un serment, et promettons-nous tous les uns aux autres avec anathème - de ne pas changer de dessein ^, mais d'exécuter réellement ce dessein^ » 5. Alors ils jurèrent tous ensemble et s'engagèrent là-dessus les uns envers les autres avec anathème 3. 6. Or ils étaient^ en tout deux
1 Tous les mss. , excepté G , M : « lui répondirent et dirent, » comme le Syncelle : xat sl-ov.
2 « Promettons-nous tous avec anathème » manque dans Q.
3 G ajoute en surcharge à la fin du y. 5 : « où péchèrent les anges avec les filles des hommes. »
a « De ne pas nous détourner de ce dessein jusqu'à ce que nous l'ayons accompH et que nous ayons fait cette action. »
b D'après le grec du Syncelle : « Ceux-ci (les veilleurs mentionnés au y. 2 du même chap., au lieu des anges fils des cieux) étaient donc deux cents, qui descendirent dans les jours de lared sur la cime du mont Hermon ( 'Epixov.etu.) , et ils l'appelèrent le mont Hermon, parce que... « etc. , comme dans l'éthiopien.
lared), les anges du Seigneur descendirent sur la terre, ceux qu'on appelle les veilleurs, afin d'apprendre aux enfants des hommes à pratiquer le droit et l'équité sur la terre. >-
6. Telle est la traduction du texte éthiopien actuel. Mais le texte exact nous a été conservé par le Syncelle (traduit plus haut, note b) : 'Ho-av cà o-jToi S'.ay.oatoi o\ y.aTagâvTE; h Taï; r.uEpa'.; 'lâpeS ùz tT|V xop-JÇT.v ToO 'EpiiovtEiji opoj; X. t. >.. Le traducteur éthiopien , ou bien n'a pas trouvé dans son exemplaire, ou bien a omis de traduire Taï; r.aÉpai;, a bloqué les mots 'làp^S e'i;, dont il a fait Ardis, qu'il a joint à ce qui suit par l'explication za-we'etû, « c'est-à-dire. ■> De plus, les mots o\ xaraêâvTE;, « ceux qui descendirent, » qu'il aurait fallu traduire za-waradû, ont été traduits wa-waradù, « et ils descendirent. » Cf. Flemming, Das Buch Henoch, p. 25, lig. 10, note, et Charles, The book of Enoch,
cents a, et ils descendirent sur Ardis, le sommet du mont Hermon ; et ils l'appelèrent <* mont Hermon » parce que c'est sur lui ' qu'ils avaient juré et s'étaient engagés les uns envers les autres avec anatlième. 7. Et voici les noms de leurs chefs : Semjaza, leur prince ^^ ; Arakib, Aramiel,
1 « Sur lui » manque dans le l*"" groupe et A, D, R , Y. — Voir le Syncelle.
a Le nombre des conjurés manque dans le texte grec retrouvé à Gizeh, ainsi que la mention du lieu où ils descendent.
^ La liste des chefs dans le grec diffère du texte éthiopien par les noms, l'ordre et le nombre. D'ailleurs, les deux textes grecs eux-mêmes ne sont pas d'accord. Tandis que le texte éthiopien n'en donne que dix-huit , le texte de Gizeh en nomme vingt et un, et le texte conservé par le Syncelle, vingt, qu'il numérote avec soin. Le nombre vingt est probablement le nombre primitif, car à deux cents anges {y. 6) devaient correspondre vingt chefs de dizaine, à moins de compter à part et en plus Semyaza comme chef suprême. Infra, lxix, 2, l'éthiopien en donne aussi vingt et un. Texte grec de Gizeh : « Semiaza <s> , Arathak Kimbra, Sammane, Daniel, Aredrôs, Semiel, lômeiel, Chôchariel, Ezekiel, Batriel, Sathiel, Atriel, Tamiel, Barakiel, Ananthna, Thôniel, Ramiel, Aseal, Rakeeil, Touriel. » — Texte conservé par le Syncelle : « l" Semiazas, leur chef, 2« Atarkouph, 3" Arakiel, 4" Chobabiel, 5° Orammamê, 6° Ramiel, 7° Sampsik, 8" Zakiel, O» Balkiel, 10° Azaël , 11» Pharmaros, 12» Amariel, 13o Anagêmas, 14" Thausaël, 15" Samiel, 16° Sarinas, 17° Thôêmiel, 18° Turiel, 19" Joumiel, 20° Sariel. »
p. 63, note 6. — H y a un jeu de mots sur << Hermon » et » anathème », en hébreu herem. Cf. Hiiaire, Comm. in ps. CXXXII, 3 : Hermon autem mons est in Phœnice cujus interpretatio anathema est. Fertur autem id de quo etiam nescio ciijus liber exiat (évidemment le livre d'IIénoch), quod angeli concupiscentes fîlias hominum , cum de caelo descenderent , in hune montem maxime excelsum convenerint.
7. Les manuscrits éthiopiens présentent un assez grand nombre de variantes dans les noms des chefs (voir plus haut, notes 1,2,3, 4, etc.). Beaucoui) s'expliquent par des confusions de lettres. Nous
Kôkabiel ^ , Tamiel , Ramiel , Daniel , Ezéqiel , Baraqiel - , Asaël, Armaros, Batariel, Ananiel, Zaqilê^, SamsapeeH, Satariel 5, Touriel^, Yomeyal " , Arazeyal 8. 8. Ce sont leurs chefs de dizaine ^.
1 Q : « Kôkabâel. » — T, U : « Kôkabel. » Cf. la note sur le f. 7.
2 Au lieu de « Baraqiel », A, E, V ont lu « Saraqueyal », confondant j6 avec s, ce qui est assez facile en éthiopien.
3 T : « Zaqêlê. » — Q : « Zeqesê. » — Tous les autres mss., à l'exception de G : « Zaqêbê. » — La véritable leçon est celle du grec, « Raqiel. »
^ M : « Sâmpsepêsêel. » — T, U : « Sempsapebêel. » — Le 2« groupe à l'exception de C, E, V : « Semsâwêel. » Cette dernière leçon est celle qui se rapproche le plus du grec Ssar/jX.
5 Q : « Artiel, » au lieu de « Satariel ». — M : « Sartael. »
6 G : « Wariel, » au lieu de « Touriel ». " M, Q et le 2^ groupe : « Yomyael. »
8 T : « Karaziel. »
9 T2 et le 2* groupe : « Ce sont les chefs des deux cents anges. »
n'avons donné que les plus importantes. — Arakib = 'Apaxi-/,), du Syncelle et 'Apaôâx du grec de Gizeh. — Aramiel = 'Opatxu.x|Ar, du Syncelle et Ki\iêpi (?) du grec de Gizeh. Presque tous les manuscrits éthiopiens réunissent ces deux noms en un seul. G et Y seuls les séparent, mais inexactement : Araki, Baramiel pour Arakib, Aramiel. Cf. Dillmann, Das Buc/i Henoch, p. 93-93. — Kôkabiel (voir plus haut les variantes, note 1), peut-être le nom babylonien de la planète Jupiter, <' rétoile de Bel, » c'est-à-dire « du Seigneur » par excellence, Marduk, le grand dieu de Babylone. Les Grecs l'ont pour cette raison appelée Ze-j:. Épiphane, Adv. hœr., xvi, 2, la nomme Kwxèg pâa). , et les Mandéens l'appellent eux aussi Kaukebîl.