CHAPITRE XVII
Hénoch est emporté au séjour de la tempête, de la lumière, du tonnerre, etc.
1. Puis 2 on m'emporta en un lieu ^ dont les habitants sont^ comme un feu ardent, et ils apparaissent, quand ils
i G : « les femmes de l'homme. »
2 G, en surcharge, comme titre du chap. xvii : « où il vit les eaux des vivants. »
3 Q : « en une maison, lieu dont... n — M, U et le 2^ groupe : « où sont (des êtres) comme un feu ardent. » — T ajoute en glose : « des anges. »
^ G, Q, T, U : H brûlent comme du feu. »
je dis qu'une grande colère est contre vous, contre vos fils, et cette colère ne s'apaisera pas sur vous jusqu'au temps de regorgement de vos fils; vos bien-aimés seront anéantis, et ceux qui vous sont précieux périront sur toute la terre; car tous les jours de leur vie dès maintenant ne seront pas de plus de cent vingt ans. Et ne pensez pas vivre (ou : qu'ils vivront?) des années en plus : car il n'y a dorénavant pour eux aucune voie par où échapper à cause de la colère dont est animé contre vous le Roi de tous les siècles : ne pensez pas que vous éviterez ces choses. — Et tout ceci est tiré du premier livre d'Hénoch concernant les veilleurs. »
'■i Gizeh : « Vous étiez dans le ciel, et tout mystère qui ne
1. Sur l'origine des ch. xvii-xix, voir l'introduction. Charles {The book of Enoch, p. 87 et 90) remarque qu'ils contiennent des
veulent, comme des hommes. 2. Et on me conduisit ^ au séjour ^ de la tempête , et sur une montagne dont le plus haut sommet touchait au ciel. 3. Je vis les demeures * des
1 Q : « et il me conduisit sur une montagne. »
vous avait pas été caché, et un mystère, celui venu de Dieu, vous avez connu, et cela dans votre dureté de cœur, vous l'avez révélé aux femmes, et par ce mystère les femmes et les hommes multiplient les maux sur la terre. »
a u Dans un lieu ténébreux et sur une montagne, » etc.
b u Je vis le lieu des luminaires et les dépôts (trésors) des éclairs et du tonnerre et vers xà àepoêaOTi. » Les éditeurs, supposant le texte corrompu, ont restitué en note, d'après l'éthiopien, Tx àxco) < T7]pia tx > pi6ï), « vers les extrémités profondes » (Flemming, d'après l'éthiopien), ou bien etç tjc àxpoêaOyj (Diels), mot composé dont le sens est le même. Le texte tel qu'il est pourrait signifier « vers les sombres profondeurs » ; dans VOdyssée, XII, 80, par exemple, on trouve àecoctoVjç comme épithète d'une caverne.
allusions à la mythologie grecque (xvii, 5-8) et qu'ils sont en contradiction avec le reste du livre sur l'origine des démons. Selon xv, 4-12, les démons sont les esprits des géants, fils des anges; selon xix, 1 ils auraient existé avant les anges, puisque ceux-ci induisent les hommes à sacrifier aux démons comme à des dieux. Ce dernier point est discutable. En réalité, xix, 1 emploie le futur, en grec comme en éthiopien : « ils les feront errer pour qu'ils sacrifient aux démons. » On peut donc l'entendre en ce sens que les anges après leur chute persuaderont aux hommes de sacrifier aux démons, aux esprits mauvais sortis de leur union avec les filles des hommes. Par conséquent, il n'implique pas l'antériorité des démons sur les anges. — Il est plus difficile de concilier cette action des anges déchus avec la captivité éternelle et Timpuissance auxquelles ils sont condamnés d'après x, 11-14, et xiv, 5. Pour les éléments grecs, leur présence est incontestable ; mais ces chapitres contiennent aussi des idées très hébraïques, des expressions cpi'on rencontre souvent dans l'Ancien Testament (v. g. xvni, 1, 3, ii, 8) ou chez les Babyloniens (xvii, 4). — Ils sont sans doute l'œuvre d'un Juif familiarisé avec la mythologie grecque. — Sont-ce les démons qui peuvent prendre tantôt l'apparence du feu, tantôt celle de l'homme, conformément à la double origine qu'ils tirent des anges et des filles des hommes?