DE L'ANCIEN TESTAMENT IX
ser par les grandes ecoles normales du clerge que sont nos Instituts catholiques.
En tout cas, cette forte initiation ne sera jamais que 1'apanage d'une elite. Nous ne pouvons pas raisonnablement esperer que le jour viendra ou tous les lecteurs des ouvrages d'exegese seront eux-memes des exegetes de profession. Et pourtant si les membres du clerge, ceux du ministere aussi bien que les professeurs de theologie, veulent etre a la hauteur de leur mission, ils doivent se tenir au courant de la question biblique ; ils doivent tre a m^me de suivre et de comprendre les travaux dont elle fait 1'objet, d'apprecier la valeur des solutions proposees, de degager peu a peu Fenseignement catechistique d'une gangue qui finirait par 1'etouffer. II faut qu'ils puissent eclairer les esprits inquiets qui viendraient leur exposer leurs doutes, on en trouve aujourd'hui dans les plus humbles paroisses ; tout au moins qu'ils ne les rejettent pas hors du catholicisme , en leur donnant pour des dogmes les opinions d'un manuel , ou en proscrivant au nom de 1'Eglise des manieres de voir qu'elle n'a pas condamnees.
Pour realiser sa tache, cette immense majorite n'a evidemment a sa disposition qu'un precede scientiiique abordable : la comparaison des constructions exegetiques avec la traduction des originaux. Hors de la et hors le cas de 1'intervention de 1'Eglise , devant laquelle il est bien entendu que nous, catholiques, nous nous inclinons tous, elle sera reduite a tout accepter ou a tout rejeter au gre de ses gouts personnels et de ses opinions en matiere de philosophic religieuse et de theologie. Elle ne pourra meme pas saisir la position du probleme tant qu'elle n'en connaitra ies elements que d'une manifcre approximative et imparlaite. Est-il besoin d'aj outer que souvent la lecture des textes peut plus que de longs discours pour eclairer un
nomme intelligent et pour deraciner des opinions erronees?