LES FIANCÉS
Que ta voûte sur eux scintille tout entière! Et que la nuit pour eux chante l'hymne du jourl Car c'est ici le sens divin de la matière^ L'idéal dans la chair, l'œuvre inconnu: l'amour!
Toij Terre, où le malheur fait de l'homme sa proie, Mets sous leurs pas tes fleurs et chante avec le ciel, Car, grâce à ces enfants, dans un éclair de joie. Le plus pur de l'esprit se transmet éternel!
LcA CHÈ\E VOULEU\
JE m'en vais, sans savoir ni devant quoi je fuis, Ni ce que je veux faire, et quelle était ma voie, Et je marche, exilé d'espérance et de joie, Dans le dégoût des jours, et dans l'horreur des nuits.
Vienne un vent de naufrage engloutir mes ennuis, Et qu'un morne océan mystérieux me noie, Tout entier, âme et corps, pour que nul ne me voie Si digne de pitié, tel que par toi je suis.
Blessé pâle, je cherche un lit sourd où m'étendre.
Sans avoir à parler, sans pouvoir rien entendre,
Où tout en moi soit mort... sauf l'amour dans mon cœur!
Car ce n'est pas mon mal qui fait ma plainte en somme; C'est la nécessité de vivre comme un homme. Et trop souvent distrait de ma chère douleur.