CONSEILS INUTILES
CODX,SEILS INUTILES
L'ecclésiaste a dit: « La femme Est amère comme la mort. » — L'homme est d'étoupe; elle est de flamme Le diable souffle fort.
Dans une femme, tout est piège; Tout sert à l'amour triomphant; Le plus fortj à son sortilège, Est pris comme un enfant.
Sois libre, c'est la seule joie; Les cheveux blonds sont un réseau :
Le cœur, à ces filets de soie, Se prend comme un oiseau.
Comme elles savent, les traîtresses, Pour nous tenir, nous embrasser!...
Crains les nattes et fuis les tresses : Cordes pour t'enlacer!
Dans tous les chiffons d'une femme, Le moindre fil est un lien.
Un ruban rend la force d'âme Aussi vaine que rien !
Que d'épingles sous les dentelles !
Prends garde, amoureux aveuglé, Ou tu mourras, battant des ailes, Hanneton épingle.
Crains même les plis d'une jupe :
Un éperon peut s'accrocher, Et, — que cela te préoccupe, — Le valseur trébucher!
Crains tout d'une femme, mon maître; Crains son sourire et crains ses pleurs... Si les fleurs lui plaisent, peut-être Faut-il craindre les fleurs!
Crains Dieu, — car la femme est céleste; Crains le diable: — elle est un démon; Crains ses yeux, ses dents, — et le reste! Et... ris de ce sermon !
LAMERQUIBRULE 69
Lc4 mE\ QUI 'B^ULE
QUAND le ciel d'été semble ruisselant D'étoiles filantes, Autour du chemin de Saint-Jacques, — blanc De pâleurs tremblantes...
(Pâleurs de l'été, pâleurs d'amoureux
Qu'un désir dévore !) En ce temps, la mer, aux mille flots creux.
Scintille, en phosphore.
Les flots semblent pleins, sous le ciel noir-b'eu.
D'étoiles tombées; On croirait y voir courir, l'aile en feu,
Tous les scarabées.
Le ciel, jusqu'au bas des grands horizons,
Scintille et fourmille ; On croirait que l'eau, sous mille tisons,
Jaillit et grésille.
yo LE LIVRE DHEURES DE L AMOUR
Mais ce ne sont pas les reflets mouvants
Des hautes pléiades, Ces lueurs; ce sont des êtres vivants,
Nés par myriades;
Des êtres petits, — mais infiniment! — Points perdus, sans nombre,
Et chaque lueur est un feu d'amant Qui constelle l'ombre;
Car l'amour partout, tout puissant et beau,
Afin qu'on le voie Et qu'on lui réponde, allume un flambeau
De deuil ou de joie.
Or, comme une nuit, en bateau tous deux,
Assis sous les voiles.
Nous mêlions dans l'eau nos doigts langoureux.
Parmi les étoiles,
Elle dessina dans l'eau, vivement.
Du doigt, — une lettre...
Ce fut un éclair, mais mon œil d'amant Sut la reconnaître.
La lettre brilla, sillage du doigt.
Comme un jet de flammes!...
Aux légendes d'or, c'est ainsi qu'on voit Flamboyer des âmes.
LA MER QUI BRULE yi
Elle était donc faite avec tous les feux,
Subtiles substances.
Avec les désirs de mille amoureux,
De mille existences,
Et la belle enfant, poursuivant toujours
Le mot qui nous tente, Écrivit: « Je t'aime! » avec les amours
De la mer chantante!
LE Lc4UT{IET{;-T{0SE
LAURIER-ROSE qui fleun'ssais Dans rilissus en Grèce, En Provence, en plein sol français^ S'épanouit ton allégresse.
Je t'ai choisi pour ton beau nom Qui chante amour et gloire...
Gloire à l'amour qui m'a dit : Non!
Amour à la gloire illusoire!
Mon cœur est ici tout entier :
Paç-dessus toute chose Aimant la rose et le laurier, J'aime le divin laurier-rose !
Tu ris au seuil de ma maison,
Entre les clairs platanes; Les pins vibrent à l'horizon ; La mer balance les tartanes.