RÉSURRECTION 12J
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Sous la pierre où, voici trois cents ans, en long deuil, Le pâle fiancé coucha sa blanche amie, On n'a retrouvé rien de la blonde endormie Que ses cheveux, mêlés aux débris du cercueil.
Le rose pur du sang, le bleu profond de l'œil.
Tout cela n'est plus rien : fané dès l'agonie !
Et l'on n'a retrouvé de la beauté finie
Que ses jeunes cheveux dont elle eut tant d'orgueil.
C'est parce qu'ils sont d'or, d'un or vivant de flamme, Parce qu'ils ont veillé dans l'horreur des tombeaux, Qu'au sortir de la terre ils paraissent si beaux...
Et surpris, effrayé d'y voir des lueurs d'âme.
On éprouve, au toucher de ces mornes lambeaux,
Le charme entier, mortel, de l'éternelle femme.
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QUELQUE chose de souple et de ferme : l'acier De l'épée, à la fois très forte et très flexible, Elle sait, — volonté qu'excite l'impossible, — S'intéressant à tout, ne point s'en soucier.
Le commandement net, celui de l'officier Qui dirait au besoin : feu! d'un air insensible. Mais qui sait que son cœur, offert comme une cible, A du sang qu'il peut voir jaillir sans sourciller.
Le buste, droit et fier, comme une fleur s'élance,
Et sur la hanche large et noble se balance;
Son pied, sur tous les sols se pose en conquérant.
Comme elle eût, pour un fort, été faible avec joie ! Mais son cœur qui se tait, saignant comme une proie. Meurt sans fin, sous le bec d'un secret dévorant.