EN RÊVE
EC^ l^ÉVE
RÊVE troublant! pouvoir lui dégrafer sa robe! Voir de mes yeux sa chair divine, que dérobe A mon ardent désir le satin, voile épais. Non, mon esprit ne doit plus retrouver la paix, Tant que je la verrai comme la voit le monde ! Les nœuds d'azur parmi sa chevelure blonde, Les mille gonflements de ses jupons soyeux. Tout ce charme léger, visible à tous les yeux. Les bottines de soie, et l'or, et la voilette, Tout l'artifice exquis de sa fine toilette, Que m'importe cela, vaines formes d'un jour! Ce que cherche mon cœur, c'est l'immuable amour!
...Jamais nous ne serons, au soir, tous deux ensemble. O supplice! ô regret! jamais ma main qui tremble Ne défera les nœuds des lacets irritants! Et jamais — quoi! jamais! — sous mes yeux éclatants.
Je ne ferai tomber la dentelle et la soie Qui, s'affaissant aux pieds de l'enfant blonde, ô joie! La laisseraient surgir, ne me regardant pas, Cheveux défaits, le sein voilé de ses deux bras, Chaste et m'éblouissant de sa splendeur charnelle. Debout dans sa beauté, blanche, nue, — éternelle I