UN AVEU I4Ï
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REGARDEZ : je suis jeune et belle; Tous les hommes me font la cour; A l'amour vous semblez rebelle :
Voici mon amour.
On dirait que toutes les femmes Ne vous inspirent que pitié; 11 faut m'aimer. Lions nos âmes, Fût-ce d'amitié.
Vous poursuivez la renommée?
L'amour peut-être est moins trompeur.
Aimez-moi, je veux être aimée...
N'ayez donc pas peur!
De votre chimère — jalouse, Moi, dont les baisers sont plus doux, Je saurai souffrir cette épouse Pour l'amour de vous;
Je VOUS laisserai votre livre, Mais quand il ne vous dira rien, Moi je dirai : « Si tu veux vivre, Regarde-moi bien;
Mets ta lèvre contre ma joue, Sur mon sourire et sur mes dents; Mets ta main sur mon sein, dénoue Mes cheveux ardente.
Je ne suis pas gênante ; en grâce, SoufFrez-moi là, d'un cœur gentil; Je n'y tiendrai pas plus de place Qu'un oiseau blotti...
L'homme qui pour les hommes pense Quelquefois veille nuit et jour; Acceptez cette récompense :
Mon aveu d'amour.
S'il le faut, un doigt sur la bouche, Je vous regarderai veiller; Ou je serai, sur votre couche.
Le calme oreiller.
Si votre front brûle de fièvre.
S'il vous faut le repos du fort, Mon amour sera sur ma lèvre Plus doux que la mort.