MATINÉE
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LA vitre laissant voir, claire, un ciel argentin. Que ne puis-je, accoudé sur mon lit, le matin, Regarder longuement, près de moi, mon amie, Blanche, un bras replié sous sa tête endormie.
Oh! vous n'eûtes jamais si doux réveil, mes yeux! Que de fois j'ai maudit le soleil ennuyeux Qui m'appelle soudain du fond des songes roses Pour m'éclairer le dur, le vrai contour des choses, Dans la chambre d'où, seul, j'écoute avec effroi La cité s'éveillant gémir autour de moi!
Mais ce matin, paisible et charmé, je m'éveille... Quel est le rhythme doux qui chante à mon oreille?... C'est son souffle. Elle dort. Au chevet accoudé. Je jouis de son sein longuement regardé. Et de sa bouche humide et que l'haleine entr'ouvre! Ses yeux que la paupière aux longs cils d'or recouvre,
Oh! je voudrais les voir, voir leur beau rêve en eux! J|
Son cou blanc s'arrondit, inondé de cheveux,
Et je suis du regard, sur la poitrine pure,
Les veines, bleus chemins où le sang frais murmure!
O bruit du sangl ô bruit du souffle! chants sacrés 1
La ville jette un cri d'ennui que vous couvrez,
Et ton rhythme suffit, sommeil de l'enfant blonde,
A m'empêcher d'ouïr l'affreux réveil d'un monde!