‹ Le livre d'heures de l'amourChapitre 5 sur 97 · PLUS BELLE · texte numérisé non relu

PLUS BELLE

TLUS "BELLE

Otoi, qui n'es que bien-aimée, Est-ce assez pour ton cœur, dis-moi, Vivante aux pâleurs de camée, De me voir tremblant près de toi >

Ma main frémit lorsqu'elle touche ■

Ta main froide et sans mouvement; ,

Songer au baiser de ta bouche ^

Me donne un éblouissement. '

A l'heure oij tu t'endors, je veille.

Rien ne saurait plus m'apaiser; ]

Oh! murmurer à ton oreille ■

Le mot qu'on achève en baiser! i

Ainsi je crie, ainsi je songe, ,:

Ayant mon rêve pour seul bien, .;

Et le souci cruel me ronge .' De savoir que tu n'aim.es rien.

lO LE LIVRE DHEURES DE LAMOUR

Car tu marches, pâle et sereine.

Orgueilleuse dans ta beauté; Comme une enfant qui serait reine.

Tu ris avec tranquillité.

Que t'importe avril qui va naître Et les roses qui vont s'ouvrir!

Une d'elles pourra peut-être, Humble, dans tes cheveux mourir...

Coquette au fin rire sonore, Dont l'orgueil fait briller les yeux, Tu n'es que bien-aimée encore:

Être amoureuse t'irait mieux.

Car, puisqu'il te plaît d'être belle, Sache-le: mieux que ton orgueil, L'amour, qui te vaincra, rebelle!

Mettrait des flammes en ton œil.

On verrait plus rose ta lèvre Qui n'aurait pas ce pli moqueur.

Et ton sang, comme dans la fièvre, Se ferait sentir dans ton cœur!

Tu serais embellie, ô charme!

Et comme la rosée en feu Dans une pervenche, une larme Noîrait ton œil cerné de bleu.

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