‹ Le livre d'heures de l'amourChapitre 4 sur 97 · AU BORD DE L ETANG · texte numérisé non relu

AU BORD DE L ETANG

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RIEN de plus: un étang au bas de la pelouse, Entre la villa blanche, et les pins résineux Exhalant en frissons l'âme qui brûle en eux. Deux cygnes sur l'étang: l'un, la mère jalouse, Surveille ses petits, à l'abri d'un massif, Et l'autre, aux promeneurs des berges attentif, Menaçant tous les points, rôde, — et garde l'épouse. Rien de plus; tout un monde, un infini d'amour: Les pins, lyres au vent, qui vibraient alentour. Les cygnes, blancs oiseaux, qui, selon la légende, A l'heure de mourir, cou tendu, l'aile grande, Chantent pour la première et la dernière fois. Et le ciel s'étoilant, clair, par-dessus le bois.

« — Ferons-nous pas le tour du lac, sous les étoiles, Madame? »

« — Il fait si beau. Monsieur, très volontiers I >» Et nous allions, guidés aux pâleurs des sentiers.

Elle était tout en blanc, de la bottine aux voiles, En robe de foulard, d'un blanc souple et charmant,

La couleur d'un amour qui rêve seulement.

Rien de plus. Nous allions, et je me sentais vivre.

Et comme elle était près du bord, je m'aperçus

Qu'auprès du bord, tendant son col souple au-dessus,

Le cygne glorieux s'était mis à la suivre!

Et que, dans le remous, né de ses beaux efforts,

Les pléiades nageaient, blanches comme son corps...

Rien de plus: je révais, suivi, dans un mystère, Par les splendeurs des eaux, du ciel et de la terre.

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