A UN MYOSOTIS I
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SOUVIENS-TOI, dit la fieuretre Qu'une âme envoie au poète.
Ouij chère petite fleur, Pour mon malheur,
Je me souviendrai, fleur pâle D'où nul parfum ne s'exhale, Bleue et pâle, et chère fleur, Joie et douleur.
Mignonette, qui t'envoie?
C'est la grâce, c'est la joie; Qui te reçoit, triste fleur?
Un triste cœur.
Et que voudrais-tu me dire, Pâle, mais prête à sourire?
Tu murmures : « Souviens-toi. »
— « Oui, mais de quoi > »
Que son cœur est bon et tendre ; Que je pourrais y prétendre, Et qu'elle est exquise à voir Comme l'espoir?
Voilà ce que tu veux dire, Mais je ne puis te sourire, O pâle fleur, triste et doux
Souve?iez-vous.
Car tu me dis autre chose, Fleur bleuissante, un peu rose, Chère fleur du souvenir Qui fait souffrir.
O fleur, malgré toi cruelle, Tu fais que je me rappelle Quelle main m'a, sans retour, Fermé l'amour !
O fleur qu'une âme m'envoie, Comme un souvenir de joie.
Tu réveilles, sans savoir.
Un désespoir.
Tu fais que je me rappelle!...
Orne pourtant, fleur cruelle, Ces vers qui me seront chers Entre mes vers.