‹ Le livre d'heures de l'amourChapitre 62 sur 97 · EC^7E1{T{^Ê · texte numérisé non relu

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QUI donc enterrez-vous là?

Dis-je aux porteurs de la civière...

Devant le mort qu'on dévoila Je fis un pas en arrière...

Ce mort, je le reconnais!

Serait-ce donc que je suis ivre?

Ce mort, c'est bien moi, traits pour traits,

Et pourtant je croyais vivre.

— <c Eh 1 je suis vivant, vivant! »

Je suis éveillé, je me tâte;

Les quatre hommes, là-bas, devant, Cheminent en grande hâte.

— « Holà, croque-mort, l'ami.

Est-ce bien moi que l'on enlève?

Est-ce mon reflet endormi

Que vous emportez en rêve?

c( Voilà mes noirs, noirs cheveux.

Ma petite moustache brune j Sur cette civière je veux

Plaire ce soir à quelqu'une I

Les croque-morts ont bien ri ; Ils ont ri tous les quatre ensemble ^ Et l'un d'eux m'a jeté ce cri :

« Il croit donc qu'il se ressemble! »

Alors, mes yeux se troublant, Dans l'obscur miroir d'une eau morte, Je me vis couché, vieux, tout blanc...

Tiens! c'est bien moi qu'on emporte

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