EC^7E1{T{^Ê
QUI donc enterrez-vous là?
Dis-je aux porteurs de la civière...
Devant le mort qu'on dévoila Je fis un pas en arrière...
Ce mort, je le reconnais!
Serait-ce donc que je suis ivre?
Ce mort, c'est bien moi, traits pour traits,
Et pourtant je croyais vivre.
— <c Eh 1 je suis vivant, vivant! »
Je suis éveillé, je me tâte;
Les quatre hommes, là-bas, devant, Cheminent en grande hâte.
— « Holà, croque-mort, l'ami.
Est-ce bien moi que l'on enlève?
Est-ce mon reflet endormi
Que vous emportez en rêve?
c( Voilà mes noirs, noirs cheveux.
Ma petite moustache brune j Sur cette civière je veux
Plaire ce soir à quelqu'une I
Les croque-morts ont bien ri ; Ils ont ri tous les quatre ensemble ^ Et l'un d'eux m'a jeté ce cri :
« Il croit donc qu'il se ressemble! »
Alors, mes yeux se troublant, Dans l'obscur miroir d'une eau morte, Je me vis couché, vieux, tout blanc...
Tiens! c'est bien moi qu'on emporte