PLEIN AIR
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J'ai toujours, depuis l'heure où courut dans ma veine Le trouble adolescent des désirs amoureux, J'ai toujours poursuivi d'une espérance vaine La nymphe qui soupire au fond des rochers creux.
A quinze ans, je baisais l'herbe de la fontaine, Et le tronc des bouleaux qui chuchotent entre eux. Et je croyais toucher une forme incertaine Quand j'enlaçais l'eau vive avec mes bras heureux.
Mais je n'ai rien saisi de mes visions blanches; Je n*ai jamais aimé sur l'herbe, sous les branches, Dans le libre horizon du ciel illimité.
Viens donc! toi, chère femme, à mes rêves pareille, Viens: le doux vent du soir veut te dire à l'oreille Mes souvenirs d'avril et de virginité.
cAL'X cALISCcA^TS
ENTRE les peupliers très-hauts, fuit l'avenue Que, de chaque côté, parmi les gazons verts. Bordent les vieux cercueils de pierre, grands ouverts, Tout pleins de morts absents et de vie inconnue !
Un rossignol enchante, avec sa voix menue,
La vaste nuit, si sombre au fond des cieux couverts,
Et là, l'amour aimant à peupler les déserts,
Au bras du bien-aimé l'amoureuse est venue.
Et lui, grave, sentant qu'on est ici bien seul, Détache un long manteau flottant, et le déploie, Pour faire de la tombe une couche de joie...
Mais l'étoffe aux grands plis se change en noir linceul Dans cette pierre creuse où dort peut-être une âme. Et, tout pâle, il hésite... en regardant la femme...