‹ Le livre d'heures de l'amourChapitre 9 sur 97 · JALOUX · texte numérisé non relu

JALOUX

JqALOUX

JALOUX? Ah, malheureuxl je le suis, je l'avoue, Sans en avoir le droit, et de qui, justes dieux? D'une calme beauté qui mêle dans ses yeux Au mépris de Téloge un désir qu'on la loue.

Que le sourire creuse en fossettes sa joue, Que de sa lèvre un mot tombe, mélodieux; Que son regard s'anime, — aussitôt, furieux. L'aspic, tordu sept fois, dans mon cœur se dénoue!

Oh! si tu m'as permis de t'aimer, — en retour. Je ne puis pourtant pas t'empêcher d'être blonde, De parler ni de voir, et de sourire au jour!

Vois comme ma misère est étrange et profonde. Méchante! — Je t'en veux, abîmé dans l'amour. D'être, comme pour moi, belle pour tout le monde

U^ SIEC^SOC^GE

QUE tu m'aimes assez, je ne peux pas le croire, Car je ne t'ai pas prise encore entre mes bras; J'ignore même encor l'heure où tu me viendras,

Et je tiens tout le reste un triomphe illusoire!

Est-ce à m'anéantir que tu cherches ta gloire, Ou me crois-tu si fort que je n'en meure pas? Et n'as-tu jamais vu, quand je pleure tout bas, Mes yeux, pleins d'insomnie, invoquer la nuit noire?

O nuit! ô lourd sommeil des vivants et des morts! Que m'importe le lit, pourvu que je me couche

Et qu'une paix terrible envahisse mon corps !

.... Mais quel mensonge étrange avais-tu sur la bouche,

Ou quel art nourricier des désirs allumés,

Quand tu m'as dit : «Je t'aime », avec des bras fermés!

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