‹ Le livre d'or des proscritsChapitre 3 sur 26 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

« Et le Seigneur me dit : Fils de l'homme va vers la maison d'Israël et fais entendre à tous tes frères les paroles que je vais te dicter. » (Ézéchiel, m.)

Et le prophète obéit à la voix du Seigneur, et il parla, et Israël entendit sa parole, et tous les cœurs tressaillirent.

Les religieux maintenant sont proscrits dans cette noble et sainte terre de France, et j'ai entendu la voix du Seigneur me dire à moi, le plus petit et le plus indigne entre tous mes frères : « Fils de l'homme parie, et ne crains pas, nul ne peut proscrire ni enchaîner ton cœu^t ni ta parole; dans le cœur du religieux vit le Seigneur, et personne n'enchaîne le Seigneur; dans la bouche du religieux vit la vérité, et personne ne peut expulser ni enchaîner la vérité. La vérité demeure éternellement vérité •

Veritas manet in œietmum,

La parole de Diôu est toujours libre; personne ne l'enchaînera jamais : i

Ve?*bum Dei non est alîigatum,

mon Dieu! que ma voix soit vibrante comme celle du clairon, et que tous les cœurs s'écrient : « Oui, c'est vous qui êtes ûieu, et il n'y a pas d'autre Dieu que vous. »

C'est une page de plus que nous écrivons pour l'histoire du monde, et, par conséquent, pour le triomphe de Dieu t

Venez et voyez, s'écrie le prophète : C'est bien moi qui suis Dieu : Vacate et videte quia ego sum Deus, C'est bien moi qui serai exalté au milieu des nations

et dans la terre entière : Et exaliaX^o»" in gentiàus et eœaltdbor in te7*râ. (Ps. 45.)

Et à ce cri de Dieu que chacune de ces lignes fait entendre répond un autre cri que chacune de ces lignes va redire :

<vOui, le Dieu des vertus est avec nous! Oui, le Dieu de Jacoh nous garde et nous fait triompher ! » Dominus virtutum noàisoumy suseeptar noster Deus Jacob! {PS. 45.)

Encore une fois venez et voyez, prenez ces pages et lisez, et dévorez ce livre : Comede volumen istud. (Ezech., m.) Car il y a dans ces pages la substance de la vie.

La substance de la vie, c'est la combat : Militia est vital (Job, 7.)

Dieu a ajouté à sa vie divine la couronne du combat, et il veut que toute vje angélique et humaine la porte à son tour, car il est écrit, sachez-le bien : Personne, ange ou homme, ne sera couronné s'il n'a légitimement combattu : Nemo coronabitur ni^i légitimé certaverit, (II, Timoth.)

Chaque page de Tjiistoire est une évolution nouvelle de la grande lutte.

Ouvrez La première, loi ce sont les anges qui combattent en face de Dieu, et Dieu est exalté dans son amour en couronnant les bons, et dans sa justice, en punissant éternellement les mauvais parce qu'ils ont péché avec la volonté libre, i^temelle et absolue du mal.

Toutes les autres pages de l'histoire racontent la lutte de l'homme.

Celui-ci n'a pas été créé en un jour comme les anges et sa destinée n'a pu se conclure par un seul et décisif combat, sa création étant successive et se renouvelant jusqu'à la fin du monde, la lutte est successive et se renouvelle sans cesse ; mais l'huiuanité

n*ôtant qu'une dans son essence, 1» lutte sera une dans son essence. '

Cette esseace de la lutte, la voici : les saints Livres, c'est-à-dire Dieu lui-même, nous la révèle par le prophète. Deux mots suffisent : Accedet homo ad cor alium^ et exaltabitur Deu^I c Homme au cœur élevé, approche; et, à proportion de Télévalioa de ton cœur grandira Télévation de Dieu ! »

Pour la lutte, il faut deux combattants; ils y seront.

Lîhomme étant né avec le libre arbitre, deux armées se forment immédiatement comme conséquence naturelle et logique.

Pour la lutte il faut que le cœur des deux lutteurs soit élevé à la hauteur de la cause dont ils sont les soldats.

Or, il n'y a que deux choses qui élèvent le cœur de l'homme à cette hauteur : ou l'amour du mal porté a un degré suffisatit pour faire de l'homme le soldat du mal, ou l'amour de Dieu porté à un degré suffisant pour faire de l'homme le soldat du bien.

C'est l'orgueil qui, en enflant le cœur du premier, le fait arriver à ce degré; l'humilité et l'oubli de soimême jusqu'au sacrifice complet du moi y fait monter le second.

L'issue de la lutte est prédite : elle est infaillible. Celui qui entreprend la lutte avec le cœur rempli d'orgueil sera abaissé, et l'humble, au contraire, sera élevé; le premier sera toujours vaincu, le second sera toujours vainqueur : Qui se eœaltat humiliaàUur, qui se humiliât exaliabitur,

La conséquence de la lutte est toigours la même, et il ne peut pas y en avoir d'autre : c'est l'exaltatior de Dieu : et exaltabitur Deus.

Dieu étant toujours tout en toutes choses, et Satan et les fils de Satan qui croient et voudraient être toul comme D^eu et à sa placi, n'étant çabsolumeat rien

Exàltabitm* Dmes t L'exaltation de Dieat

L'exaltation du Christ qui est Dieu ! l'exaltation de l'Église catholique qui est sur la terre et dans le ciel la famille de Dieu t l'exaltation de tons les âls de Dieu, tous membres de l'Eglise catholique^ tous appartenant h son corps ou à son âme, qu'ils soient anges ou qu'ils soient hommes, car le Christ étant le premier-né de cette Église, tous les anges âdèles du ciel et tous les hommes de bonne rolonté sur la terre sont ses frères, et livrent avec lui et sous ses ordres le grand combat t

Rien de plus beau que ce combat, quand il se livra pour la première fois au ciel : les cieux firent silence pour le contempler. ^

Factum est stlentium magnum in cœlo !

L'archange Michel, à la tête de ses légions, combattait le Dragon au cœur enflé d'orgueil, et le Dragon fut vaincu, et tontes ses phalanges furent vaincues avec lui, et Dieu fut exalté, et le combat cessa dans le ciel pour recommencer par Satan et les fils de Satan sur la terre.

Caîn, le premier séduit, se précipite sur Abell Celui -ci semble vaincu ; mais, en réalité, il est vainqueur : Caîn est maudit, et il laisse une race maudite; Abel monte au ciel et y devient le type du triomphateur.

Les enfants de Cain se précipitent bientôt sur les enfants de Dieu; le déluge engloutit les premiers, et les seconds sont dans l'arche avec Noé pour repeupler le monde.

Cham, le fils orgueilleux, recommence la lignée de Caïn. Les idoles reparaissent; mais Abraham dit à Dieu : « Me voici. » Les Pharaons forgent des chaînes; mais Moïse les brise. Goliath s'avance: i^ a six coudées; mais David, petit berger, le renverse. Nabuchodonosbr a dit : « Je suid dieu; » Antiochuer le

répète; le premier est changé en bote, le second dé- Yoré par les vers; une femme, Jadith, a safâ pour éclipser la gloire du premier; une femme, la mère ' des Macchabées; a snfQ pour faire tomber sept muledictions à la fois, par chacun de ses héroïques fils, sur la tête du second; et nous voici en présence du Dieu incarné, venant au milieu des temps donner une main à ceux qui ont soutenu avant lui et pour lui le grand combat, et l'autre main à ceux qui vont le continuer jusqu'à la un des siècles.

Néron prépare ses torches et ses bûchers; ses bourreaux dressent une croix et brandissent le glaive. Pierre et Paul, debout devant le tyran, s'écrient : <ic Nous pouvons mourir; mais nous taire, jamais! Non possumus! — Vous mourrez » répond le tyran. Et Pierre est cloué à la croix, la tête en bas, et avec ses deux mains, il embrasse le monde. La tête de Paul tombe sous le glaive; mais, en tombant, elle bondit trois fois pour affirmer trois fois à la terre le triomphe de Dieu (

Néron se tait maintenant dans son tombeau désert; ses cendres sont dispersées aux quatre vents. Pierre parle encore au Vatican, et les accents de Paul font toujours tressaillir le monde.

Comme Néron, les Domitien, les Valérien, les Dioclétien ont voulu arrêter le Christ avec les chevalets et les bêtes férocesj et le Christ est passé : Transiens per médium illorum ibal!

Julien l'Apostat a dit alors : c La force est impuissante : servons-nous de la ruse hypocrite; au nom du progrès, faisons des enfants sans Dieu. » Et cette invention satanique; et cette ruse hypocrite ont dû s'écrier à leur tour : « Tu as vaincu, Galiléen 1 tu as vaincu ! Vicisti Galilée I »

Et tous les Néron, tous les Domitien, tous les Dioclétien, tous les Julien l'Âppstat que Fenfer a vomis.

ont TU leur marteau s'user sar Fendiime; et eectx d'aujourd'hui yont Vy user oomme leurs pères, et nous voici en présence.

Eux, Avères des Néron, des Domiiiea, des Dieclétien, des Julien TApostat 1

Nous, frères des martyrs, nous, âls de Pie IK çt deLéonXIU!

Nous, flls de la^ France (de Gloris, de Charlemafr&e et de saint Louis, de la France ohoisie de tonte éternité pour être sur la terre le soldat du Christ.

La France ! ce grand champ de bataille où le Christ et Satan se disputent Tempire du monde.

La France ! où le Christ a toujours eu des héros de taille divine, et Satan des misérables do taille infer^^ nale : nous en avons eu, nous en avons.

Le premier entre tous, celui qui, plus que tous les autres, a la âgure, le ricanement, Tesprit, la malice, la lâcheté, et aussi Taudace hypocrite de Satan, c'est Voltaire.

Ce monstre a vécu assez longtemps, et dans un milieu assez affadi, assez dégénéré pour créer comme une France satanique dans notre antique et belle France.

Il a créé la Frangb voltairibnnb.

Le venin de ce serpent a été si subtil, si rapide que, tout-à-coup, la tête et le cœur de la France furent envahis; et ces hommes, autrefois géants qui ne savaient pas fléchir sous leurs épées de six palmes, sous leurs casques d'airain et leurs cuirasses de fer^ se sentirent atteints ; les bases de leur foi, de leurs vertus antiques s'ébranlèrent; et eux, les fils des preux chevaliers restés debout pendant quinze siècles, la lance au poing, on les trouva poudrés, enrubannés et couchés sur des lits de Sardanapale t

La Révolution les rencontre là : ils s'y étaient endormi^ îr^r

Ils se révfiéilèreEt sur l'éohafaud 1...

Ce saEg, qui aurait alimenté la volupté, ooula de nouveau par les veines du sacrifice, et la noblesse française fut sauvée ! Elle ti^nt fièrement auJQur4'bui l'épée de la France et de Dieu.

La bourgeoisie garda le venin. Elle n'eut presque point part au sacrifice^ et elle en eut une trèis-grande, une très-large à la Révolution 1

Les Révolutions sont toujours ûllee de la jalousie. Satan, le père de toutes, s'écria un jour en face de Dieu : a Je veux renverser ton trône! »

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