II, ÉTAIT JALOUX
La noblesse^ elle aussi, s'écria plusieurs fois en face du trône : « J'ai des droits, des frànebises féodltles^ je ne veux pas de maître.
La Nobi^bsss btait jalouse 1
Louis XI le prenûer, Richelieu ensuite conjurèrent le périL
La bourgeoisie qui n'avait que la troisième place dans les États de la nation, veut la première, et elle s'écrie en face du Roi, du clergé et de la noblesse : « Je veux être tout. Plus de trône, plus d'autel t )>
La Boubj&boisie était jalousb.
Et voilà qu'aujourd'hui, en faoe d'elle, le peuple s'est dressé t Ce peuple qu'elle a arraché elle-même au trône et à l'autel : ce peuple sur qui elle a opéré par le venin comme Voltaire avait opéré sur ellemême. *
bourgeoisie (je ne parle que de eelle qui est voltairienne et impie)! 6 bourgeoisie criminelle, que fais- tu? Qui t'a donc aveuglée? En arrachant ton cœur a>î Christ, qui t'a donc si bien appris à creuser des abîmes?
Te voilà acharnée à empoisonner par ton enseignement voltairien le peuple bien-aimé de ma chère Francç î Tu veù^ er\ fai-rç un peuple s^ns piJ^u, c'eçt
ta grande, ta sataoique entreprise! Et ton journal le Voltaire s'écrie : « Tout hommb qui croit ex Dieu n'est pas un HONNETE HOMME!... » Et le peuple, par Blanqui, répond : « ni Dieu ni Maître. » Et ces paroles ont été écrites en France, imprimées en France, affichées sur tous nos murs S pour faire écho au grand cri du patriarche : Écrasons V infâme!
L'infâme qui sera écrasé, ce ne sera pas toi, ô Christ, ô le Dieu hien aimé de ma chère France! L'écrasement pour eux est prêt.
Les coupables ont créé eux-mêmes leur bourreau.
Le peuple est debout et la Question sociale est posée.
L'Opportuniste omnipotent 'disait : Non, l'imbécile !... la Commune répond Oui, et elle est là !...
Et la France et le monde sont irrévocablement perdus!... Que dis-je, oh ma chère patrie! non, non une espérance te demeure. La jalousie satanique n'a pas gagné le peuple tout entier. L'eau du baptême, seule de force à combattre le venin, coule encore sur le front de mon bien-aimé peuple! quelques flls de Satan, la Grande bête ; Magna hestia! peuvent bien ne pas en vouloir, le peuple en veut encore. ■
Encore le peuple en masse laboure, et ce sol français, tout pétri de catholicisme, le rappelle au bogi sens par son seul contact.
Encore, et ceci c'est le salut, le gardien par excel-
1. Une autre affiche infâme : 27» Pa^e femelle^ les j attendait. — Mentonsj mentons toujours, les ignorants sy laisseront prendre. — Bouillet Itii-même, dans la première édition de son dictionnaire, ne s'y était-il pas pris? Se voyant misa l'index, il vient à Bome ; on lui prouve que toute la fable diabolique ne repose que sur le mot fœmina ajouté au nom du pape Jean VlII comme un blâme de sa bonté excessive pour Photius, qu'il croyait uouvoir arrêter ainsi'sur la pente du schisme. — Tous les savants nigtoriens, môme protestants, l'affirment. — Mais tout e^ bon I faisons du buoit 1 en attendant rempilissons nos bourses et v6lons des millions... Les Saltimbanques 1 1 *
lenco de ma chère France et de mon peuple bienaimô, c'est le clergé catholique : le Pape, les évêques, les prêtres, les religieux et en particulier le clergô français. Tandis que TAllemagne et l'Angleterre se voilaient de deuil etr pleuraient sur leurs prêtres infidèles, le clergô français n'a jamais hésité ni faibli.
Il porte la France et par elle le monde, et pour fondement inébranlable^ il a la Pierre: de granit : le Pape, et avec le Pape, le Christ 1,..
Voilà où en est le monde en 1880.
Et il y a des yeux fermés et ils ne voient pas! Il y a des ténèbres, et ces ténèbres ne comprennent pasi
« Et ienebrœ non comprehenderunt »
Faisons luire un rayon dans ces ténèbres
Ce rayon, Dieu, iiar un effet tout gratuit de ,son amour, Ta placé dans nos faibles et tremblantes mains.
Il doit luire aussi bien pour nos frères que pour nous.
Une mission allait ânir; elle avait illuminé beaucoup d'esprits et ressuscité beaucoup de cœurs. Nous voulûmes, par un monument étemel, en perpétuer la mémoire.
C'était le soir, à Ligugé, près Poitiers, la ville des grands évoques et des grands chrétiens. La nuit était déjà venue, et elle était sombre ; tous les habitants, un âambeau à la main, accompagnaient le splendide triomphe. La croix va être dressée!.... Toute bouche chante, tout cœur palpite!.... La Croix est debout!.... Le Christ paraît les deux bras étendus pour embrasser le monde et la tête inclinée pour le baiser !
Tout à coup, le Christ triomphateur veut s'affirmer : le même miracle qu'il avait accompli, dit la tradition, en faveur de saint Martin, apôtre de Li^uge, il le renouvelle pour ses ûh bien-aimés. Un globe de feu, radieux comme un météore, paraît
tout à eoup et se balance sur la CrolxJ.... On applaudit, on tressaille, et plusieurs qui avaient résisté à la grâce de la mission se convertissent , et voici le plus merveilleux :
Un petit enfant pleurait lui aussi et depuis plusieurs heures; sa mère, très-pauvre, n'avait pu lui acheter un cierge pour la fête, et l'enfant se désolait. Mais Dieu, qui entend toujours Tenfant qui pleure, le lui offrit lui-même plus beau, plus grand, plus lumineux que tous les autres. Le globe de feu s'éloigne de la Croix, et, avant de disparaître, il vient vers le petit enfant. Sa mère pâlit, effrayée, éperdue; mais lui, le cher petit ange, se jouait avec le globe divin.
J'ai vu «es choses de mes propres yeux, j'ai confessé ces convertis et embrassé ce petit enfant; tout un peuple les a vus avec moi K
Il me semble que Dieu les renouvelle en ce moment.
La nuit n'est-elle pas plus sombre que jamais? et Dieu laisse -t-il jamais ses enfants sans lumière quand ses enfants pleurent et prient?...
Je priais, je pleurais, et qui n'aurait pas pleuré?
Je venais de voir la maison de Dieu violée, son sanctuaire souillé par des scellés !... Je venais de voir mes frères partir pour l'exil !... J'étais seul dans le réduit obscur où il a fallu cacher le Dieu du tabernacle, et c'est au moment où j'arrosais de mes larmes cette terre si sainte nouvellement profanée que la pensée m'est venue d'écrire ce livre, et que, comme dans un globe lumineux, le plan tout entier s'est montré à moi et a ravi nu>n âme; ma plume court, marche toute seule : Calàmus scribœ i^elociter icribentis; et j'ai écrit ee livre.
Qu'il iseit une espérance att milieu des tristesses,
1. Toir le compte ren^tt daias la Semavff^ reUaîeuse de Poitâers, mné9 Wth,
nne force aa milieu des combats, un rayon au milieu des ténèbres, une étoile au milieu de la tempête I
Oui, que tout s'illumine ! que tout tressaille et revienne au Christ, parce que dans le Christ seul est la lumière et, par la lumière, la vieî
In ipso vita erat et vita ercU Uuc!
La lumière et la vie, nous l'avons dit, sont toujours dt maintenant plus que Jamais le prix d'un grand combat I Ce grand combat commence î Voici l'heure !
Le clairon a sonné et nous voici !
Nos portes , nos murailles viennent d'être assiégées, elles ont été ébranlées, elles ont fléchi sous le laapteaa et la hache; mais nos cœurs n'ont pas été ébranlés, ils n'ont pas fléchi; nos âmes sont trempées comme l'acier, et nos fronts, grâce au Christ, sont d'airaio.
Nous voici ; .
Nous sommes sortis de nos couvents le front haut etserem; les fllsdu mal, qui avaient brisé les portes, baissaient la tête, ils rougissaient sous les injures, et les fleurs pleuvaient sur nous. Et Dieu était exalté : ^(icedet homo ad cor altum et exaltabitur Deus.
Et on disait à nos défenseurs, à nos sublimes gardiens : « Vous êtes des insurgés, vous troublez la patrie. » Et comme leur vertu méritait la plus su- Mime des gloires, celle d'être captifs et prisonniers iu Christ, on leur mettait les menottes aux mains et plusieurs sont encore devant les juges, et Dieu semble enchaîner les juges au fttuteuil pour que la gloire ^6 ces héros se prolonge et que l'humiliation des léchants dure et retentisse.
ïltils seront vainqueurs, surtout s'ils sont condamnés ! Et ils s'en iront joyeux comme les Apôtres, parce l'i'ils auront été trouvés dignes d'être condamnés pour Jésus-Christ ; fbant gau(ientes a çonspectu con-
cilii quoniam digni habiti sunt pro nomine Jesu contumeliam pati !
Nous sommes k cette heure de la lutte. Voici lesi pages qui la racontent : elles ont Téloquence du fait,l c'est la plus sublime. |
La lutte n'est pas finie, il faudra ajouter de nouvelles pages... Certainement elle grandira, et nos accents grandiront avec elle si Dieu ne nous a pas encore trouvés digneâ d'immoler notre vie pour sa cause et d'aller chanter la victoire au ciel !
Il faut te recueillir, cher lecteur, avant de lire les pages qui vont suivre : simples et rapides en apparence, elles ont, en réalité, un grandiose divin et une profondeur inattendue : un grand combat s'y livre. Le grîtnd poëme de la vie^ de l'humanité esil
là.
Vintroduction vient d'affirmer la nécessité de lai lutte, elle en a dessiné les grandes lignes.
Le chapW^e 1, consacré à V Article 7 et le chapitre 2, consacré aux Décrets, font entendre le signal de la lutte.
Le chapitre 3 : Les Exécutions, te fait assister à la lutte, I
Le chapitre 4 charte déjà la victoire. I
La Conclusion montre à tes yeux ravis le vain-( queur triomphant et portant déjà sur son front ra-l dieux réternelle couronne !
Le poëme commence en face du paradis terrestre fermé au coupable et il finit au paradis du ciel ouvert au vainqueur ! , .
La vie est un combat dont la palme est au cielîi