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CHAPITRE PREMIER

§ 1. — Les Deux Armées*

La France de Satan et la France du Christ

La France de Satan, c'est la France de Voltaire. Il a dit, en parlant du Christ : Éa^asons l'infâme.

La France du Christ est la France de saint Louis qui a combattu^ qui est mort pour le Christ et qui a fait la France grande par le Christ. Voltaire est le type du laid, le type du mal; saint Louis c'est le type du beau, le type du bien. Tout ce qui ricane en face du Christ, tout ce qui insulte à la virginité et au courage, tout ce qui ment pour gagner quelque chose, tout ce qui se salit dans la turpitude du vice, tout ç^l qui vend la France a ses ennemis et en particulier aux' Prussiens, tout ce qui est frano-maçon, tout cela est avec Voltaire, tout cela compose l'armée de Satan.

Cette, armée a placé ses^ premiers retranchements dans l'enseignement impie, dans la presse impie, danfi le sufCîrage universel organisé de manière à être menteur et impie, dans les maisons de dissolution, de jeu et d'agiotage; elle tient ses conciliabules, prépare tous ses plans, choisit tous ses l|.ommes, donne son mot d'ordre ims les aptreg û^aQc-maçoanique^ et*

elle vient de se pourvoir de préférence dans les b,agnes en attendant de s'y réfugier.

Sur le drapeau elle a inscrit :

*;;: ; .^uEREB.jL Da;if, et guerre a mort

,i.'giçm^e îpte la secopdidi France est debout, elle a pî^ ^oii^pi'èaiiér i^otrànchement aux pieds du trône du Souverain Pontife, vicaire du Christ, seul remplaçant de Dieu sur la terre, seul infaillible dans les choses de Dieu, seul grand entre tous, seul vainqueur de tous.

Par lui et avec lui parle Tépiscopat et le sacerdoce catholique, et cette parole est la parole de vie, de force, de lumière et d'amour.

Les enfants y puisent Tintelligence, les femmes le dévouement, les hommes l'héroïsme' et tous combattent à la fois : Pape, Évêques, Prêtres, Religieux, enfants, femmes et hommes; oui, tous combattent, les nng par la parole, les autres par la plume, les autres par l'aumône, par la prière, par la pénitence, les autres enân par l'épée, et le bataillon du Christ s'avance invincible.

Son drapeau est celui du cœur de Jésus et de la Vierge-Immaculée!., celle-ci toute blanche et celui-ci tout ruisselant de sang. Voilà bien les deux Frances, nos ennemis eux-mêmes l'ont constaté.

Les deux armées se sont rapprochées et le combat commence.

Les portes de l'enfer s'ouvrent, Satan en sort h la tête de ses légions, la rage au cœur.

Pour engager la lutte et accomplir ses démolitions, il s'arme de l'article 7 comme d'une hache; il en a la forme. Le superbe Jules Ferry a mis cette hache dans ses mains.

Un champion intrér>v^A lui jette le gant, blanchi

dans les comi>ats de la vérité^ il a retrouvé toates lés ardears de sa jeunesse, il s'avance senl et il lui jette un défi. Bcoutez-le .

« Tous ceux qui, pendant dix-huit ans, s'écrie-t-il, ont environné et soutenu de leurs sympathies bienveillantes mon apostolat de Notre-Dame de Paris, savent si j'ai jamais failli à la défense des grands principes qui portent les sociétés, et à Tattaque des grandes erreurs qui les menacent; et cela, alors que ni mes frères ni moi n'étions nullement en cause.

« Quelle que doive être d'ailleurs l'issue du combat, il y a quelque chose qu'il importe de défendre, même dans la défaite : ce sont les principes, la justice et le droit. La puissance de la force est aux mains de ceux qui se proclament nos adversaires et nous traitent en ennemis. Mais il nous reste une grande puissance encore : c'est la puissance de la parole, c'est la protestation des intelligences, c'est le témoignage des âmes, c'est cet empire de l'opinion q^ui gouverne le monde. Môme quand les principes paraissent succomber un moment sous les oppressions de la force, il importe de les défendre toujours, afin de les retrouver debout dans les esprits, môme après'le passage de l'iniquité et le triomphe de l'ii^justice.

« Le nom de M. Jules Ferry, qui s'est fait lui-môme la personniâcation de l'article 7, viendra nécessairement sous notre plume.

« Si notre parole semble s'animer quelquefois du feu de notre cœur, Dieu aidant, on ne sentira dans ces lettres que l'ardeur désintéressée qui nous pousse à la défense d'un principe, et non à l'attaque d'un hommes

« Quoi qu'il arrive, nous garderons la conscience de n'avoir cherché, dans" la défense de notre cause, que l'honneur et la prospérité de cette grande patrie dont, nous aussi, quoi qu'on puisse dire, nous nous glorifions d'être les enfants dévoués. Et quand môme

1. Lorsque dans ces pages un nom se rencontre, il faut oublier rhomme et ne penser qu à l'erreur. Toujours, sovs notre plume, guerre à mort à l'erreur^ toujours indulgence et compassion pour ses victimeft, ,

cette cause, qui est celle de la vérité, de la justice et de la liberté, devrait ne pas triompher, nous sortirons fiers de la lutte, parce que nous aurons fortifié dans les hommes de bon vouloir le sens du vrai, l'amour du juste et la résolution du bien *. »

Voilà bien comlnent parle la vérité et le courage. Nous connaissons maintenant les lutteurs.

Assistons au combat, c'est une lutte corps à corps.

§ s. — Le Masque est arraché.

M. Jules Ferry est à la tribune, sa crinière et ses /avoris au vent; il exalte son Article 7, et voilà que tout à coup, dans un accès d'enthousiasme oratoire et franco-maçonnique, il brise sa trame, et démasque son jeu.

Je veux l'Article 7; je ne veux pas de Jésuites, parce que je ne veux pas deux Frances : la France cléricale et la France moderne. Je yeux ,1e triomphe complet de la France moderne ; je veux l'anéantissement de la France cléricale.

Ces mots résument tout son discours à la tribune, tous ses discours dans les banquets tumultueux, tous ses discours partout.

Halte-là! M. le ministre; merci, c'est assez, votre masque est arraché !

Le motif avoué de votre Article 7, M. le minisire, c'est donc la guerre à ce que vous appelez : le clériculisme. Mais ce mot n'est qu'un masque, le vrai mot le voici : Le Catholicisme, la Religion^ oui : Cléi^icalis me ou Catholicisme, ou Religion, c'est la même chose.

Je sais bien que vous dites le contraire pour couvrir

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