CAMPAGNE DE
Admirable trait de dévouement du soldat Vallé.
Durant la glorieuse campagne de 1807, le 8® de ligne prit une part active aux combats de Grandentz (16 janvier), de Liebstadt (24 janvier), de Mohrungen (25 janvier), d'Ostrolinka (16 février), au siège de Dantzig (du 18 mars au 24 mai) et à la bataille de Friediand (14 juin).
En récompense de sa bravoure et de son entrain à Mobrungen, le régiment fut cité dans le 54* bulletin de la Grande Armée dans les termes suivants :
t Lei 25 de ce mois, à midi, la division ennemie paraissant forte de 12,000 hommes, on en vint bientôt aux maius. Le 8® régiment de ligoe se précipita sur les Russes avec une valeur inexprimable ; les ennemis furent mis dans une déroute complète et poursuivis pendant quatre lieues. »
Au siège de Dantzig, il se passa un acte admirable d'intrépide dévouement.
Le jour où devait avoir lieu l'assaut, les troupes furent établies de bonne heure au pied des ouvrages à escalader: trois énormes poutres, suspendues par des cordes au sommet des talus,
étaient prêtes à rouler sur les assaillants ; un brave soldât dont l'histoire a conservé le nom, François Vallé, offrit d'aller couper les cordes qui soutenaient ces poutres afin d'en opérer la chute avant Tassant. Muni d'une hache, il grimpa le long des escarpes gazounées, coupa les cordes et ne fut atteint d'une balle, qui heureusement ne le frappa pas mortellement, qu'au moment où il terminait cet acte d'héroïsme.
A la bataille de Friedland, le 8*^ de ligue n'eut qu'un rôle passif ; il faisait partie des divisions de réserve au centre desquelles l'empereur se tint de sa personne durant toute l'action .
L'histoire rapporte que tandis que Napoléon observait attentivement le champ de bataille, un boulet passa à la hauteur des baïonnettes et un soldat, par un mouvement instinctif, baissa la tête : tt Si ce boulet t'était destiné, lui dit l'empereur en souriant, tu aurais beau te cacher à 100 pieds sous terre, il irait t'y chercher. » Napoléon faisait entendre par là que la destinée frappe indistinctement le lâche et le, brave et que le poltron qui se cache se déshonore inutilement.
Le 8« de ligne en Espagne (1808-1813).
Tandis qu'en Allemagne nous remportions succès sur succès, les troupes que nous avions en Espagne s' étant tout à coup trouvées aux prises avec une insurrection générale de toute la péninsule essuyèrent d'assez graves échecs. Napoléon, à la nouvelle de ces revers inattendus, s'écria : t J'avais envoyé aux Espagnols des agneaux qu'ils ont dévorés ; je vais leur envoyer
des lions qui les dévoreront à leur tour ! t et il Ût passer d'Allemagne en Espagne plusieurs corps de la Grande Armée, entre autres le l*"" corps dont le 8« de ligne faisait toujours partie.
Pendant les cinq années que le régiment passa en Espagne, il prit part à dix-neuf actions de guerre et principalement aux batailles d'Espinosa, de Talaveyra et de Cbiclana ; au siège et à la prise de Madrid.
A la bataille de Cbiclana, le 5 mars 1811, le régiment eut la douleur de perdre sou brave colonel AuTiÊ qui, depuis longtemps à sa tête, lui donnait l'exemple des plus lielles vertus militaires et qui tomba des premiers, ce jour-U, mortellement atteint.