‹ Le livre d'or du 8e Régiment d'infanterieChapitre 13 sur 35 · CAMPAGNE DE · texte numérisé non relu

CAMPAGNE DE

En 1806, la division Rivaud entra de nouveau en campagne avec la Grande Armée.

Le 14 octobre, eurent lieu simultanément les deux célèbres batailles d'Iéna et d'Auërstaedt, où les armées prussiennes furent écrasées ; Napoléon, résolu à les anéantir complètement, lança ses troupes à la poursuite des quelques corps ennemis qui avaient pu échapper au désastre.

Le 8e de ligne se distingue au combat de Halle.

Le 17 octobre, la division Rivaud prend part au combat de Halle, où les réserves prussiennes sont à leur tour mises en déroule. Ces réserves, fortes de 20,000 bommes, avaient pris position sur les hauteurs au débouché de Halle; les Français, au nombre de 8,000 seulement, les y attaquent sans hésiter. Le 8® de ligne traverse la ville au pas de charge, escalade les hauteurs et s'empare d'une batterie d'artillerie. On se bat de part et d'aulre avec acharnement; enfin les Prussiens cèdent et battent en retraite; le 8^ les poursuit et s'empare successivement des villages de Diénitz, de Peissen et de Rabatz; la cavalerie ennemie le charge à plusieurs reprises, mais sans ralentir sa marche et ses succès; la poursuite dura jusqu'à la nuit.

34 pièces de canon et S,000 prisonniers restèrent ce jour-là entre les mains de nos troupes.

Le régiment fut cité dans le li® bulletin de la Grande Armée pour sa brillante conduite dans celte affaire.

Le 8e de ligne à l'abordage.

De toutes les forces prussiennes il ne restait plus qu'un corps de 22,000 hommes commandé par Blucher qui était allé se retrancher dans Lubeck, où nos troupes coururent l'attaquer.

Chemin faisant, le 8^ de ligne prend *part au combat de Brewitz (4 novembre) et y fait si vaillamment son devoir qu'il obtient de nouveau Thonneur d'être cité dans le 29« bulletin de la Grande Armée. En approchant de Lubeck, le général Rivaud apprend qu'un corps suédois s'est embarqué dans cette ville pour descendre la Trave et retourner en Suède; il charge aussitôt le 8^ de ligne d'aller l'enlever. Arrivé sur les bords de la rivière, le régiment aperçoit, en effet, toute une flottille eu train de descendre le cours d'eau; c'étaient trois bataillons suédois dont un de la garde royale. Le colonel Autié saute avec ses grenadiers dans des barques de pêcheurs amarrées au rivage et s'élance hardiment à l'abordage des bateaux ennemis. Le choc fut violent, mais court; les Suédois, après une résistance des plus vives, se rendirent à discrétion. D'un seul coup de filet, c'est le cas de le dire, les braves du 8^ venaient de faire i,500 prisonniers.

Prise de Lubeck (6 novembre).

Après ce hardi coup de main, le régiment marcha sur Lubeck dont la prise allait exiger les

plus rudes efforts. A l'arrivée du 8®, une des portes de la ville venait d'être forcée et le régiment s'engagea aussitôt dans les rues hérissées de barricades couvertes de soldats ennemis.

Les 'Prussiens. défendent le terrain pied à pied ; à chaque angle de rue, ils continuent de combattre avec un courage opiniâtre; vingt fois nos hommes se trouvent jetés au milieu de leurs adversaires tant les rangs sont pressés, tant la mêlée est furieuse; mais malgré tous les efforts d'un ennemi tenace et bien dirigé, les Français se voient bientôt maîtres de la Grande-Place sur laquelle nos troupes reprennent un moment haleine; la lutte recommence ensuite avec un nouvel acharnement. Le 8® reçoit Tordre d'aller s'emparer de la porte de Hanovre encore au pouvoir de l'ennemi. Cette porte était protégée par le fort de Muhlen que défendaient lô régiment de Tschammer et un bataillon de grenadiers; postés dans le fort et sur les remparts de la ville dont ils avaient retourné les canons contre celleci, les Prussiens accueillent le régiment par un feu terrible, mais sans parvenir à ralentir son élan; un bataillon sous les ordres du commandant Aymard (depuis général de division) enfonce une poterne, grimpe à l'assaut des remparts, saute sur les canons et prend tous ceux qui les défendent.

Là finit le combat; les Français étaient vainqueurs sur tous les points. L'état-major de Blûcher fut pris en entier dans son logement; Blûcher lui-môme n'eut que le temps de se sauver avec son fils et les débris de son corps d'armée; poursuivi aussitôt par le général Rivaud, il fut forcé de capituler le lendemain avec les

12,000 hommes qui lui restaient. Les forces militaires de la Prusse étaient ainsi complètement anéanties et devaient mettre plus d'un demisiècle à se relever de ce désastre sans précédent. Par l'ordre du jour du 9 novembre 1806; l'empereur témoigna sa vive satisfaction, pour leur brillante conduite, aux troupes qui avaient combattu à Lubeck.

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