‹ Le Livre d'or du BourgogneChapitre 3 sur 17 · EUMÈNE · texte numérisé non relu

EUMÈNE

(Discours prononcé à Trêves en 311, adressé à Constantin Auguste et ayant trait au vignoble bourguignon, Eumène était le chef des écoles méniennes d'Augustodunum.)

vie SIÈCLE

Tku côté du couchant sont de riches coteaux couverts de vignobles nombreux, qui produisent aux habitants des vins si délicieux qu'ils ont en mépris les vins d'Ascalon.

Grégoire de Tours.

Les coteaux bourguignons produisent un vin rivalisant avec les meilleurs d'Italie.

Grégoire de Tours.

Xlle SIÈCLE

lîeaune la Vineuse, Vinosa Bealna, dont les vins rouges enflamment les cerveaux !

Guillaume Breton (Poète de la Cour du Roi Philippe-Auguste.)

XlVe SIÈCLE

ÏIeçue avons la complainte de plusieurs bourgeois et habitants de nos bonnes villes deBeaune, Dijon, Châlon et du pays d'environ, contenant en eflfet que comme d'ancienneté aux vignobles desdits lieux et pays d'environ accoutumé croître et venir, les meilleurs et plus précieux et convenables vins du royaume de France pour le nourrissement et sustentation de créature humaine ; et que pour la bonté d'iceux notre Saint-Père le Pape, Mons. le Roy et plusieurs autres Seigneurs, tant gens d'église, comme nobles et autres, aient en accoutume par excellence de faire faire leurs provisions des vins crus auxdits lieux et vignobles ; et que ceux qui ont accoutumé user desdits vins aient été pour ce refortifiés et en aient fait moult grand prix et pour plus grand honneur.

Philippe-le-Hardi (Ordonnance de 1395.)

Comment les cardinaux se hâteraient-ils de revenir dans Rome, privés qu'ils s'y verraient de cette précieuse liqueur qu'ils regardent comme un second élément et tel que le nectar olympien ? En Italie, il n'y a point de vin de Beaune...

Pétrarque (1366.)

Je me soucie peu de revoir les paysages transalpins où il n'y a pas de vin de Beaune.

Urbain V

(Pape en Avignon.)

Qu'on verro bé, en l'évaulan Et quand on s'en fai le bei jaune, Aivoi le co pu Ion qu'ène aune Tan ai flaitte ban ai propo Lai channette du gargouillo...

(Vers en patois bourguignon sur le Vin de Dijon, extrait de « Le Chêne du Gosier ».)

Vin d'Auxerre et de Bourgogne Vin de Beaune et de Gascogne Vin de Chablis, vin de Givry Vin de Vertus, vin d'Irancy.

EusTACHE Deschamps dit Morel (Poésies morales et historiques.)

(Le poète énumère les vins que doit posséder dans sa cave une bonne maîtresse de maison.)

Hélas ! où sont vins espéciaulx

Vins de Beaune qui ont tel renommée

EusTACHE Deschamps dit Morel (Ballade de la verdure des vins.)

Le vin généreux de Bourgogne est plus agréable que les boissons épaisses et nues des vignes romaines.

Grégoire XI

(Pape qui faisait venir à Rome du vin

de Bourgogne pour son plaisir.)

XVe SIÈCLE

A bien juger de tous les vins français,

Orléans est bon, Jargeau et la Bruyère Si est Anjou, la Flèche et Thouarsois, Vin d'Estaples sans plus en Mirballois, Vin de Hersé, Privilège et Tronsière.

Faye Mongeau à sa rouge visière.

Pour ton cerveau qui sa puissance endure. Est vertueux, vineux et sans verdure.

En yvert temps l'estomac bien arrose ; Mais ainsi que la fleur de la rose, Devant toutes autres fait assistance, Beaune a le bruyt sur tous par excellence.

De Saint-Pourçain le gentil Bourbonnais A Souvigny je tiens la bonne chière, De Saint-Jaugon aussy en Nivernois.

Le Vin de Ris, Tournon et d'Auxerrois.

Bar-sur- Aube suit bien à la matière, Reims, Epemay peut-on en avoir cure ? De Gastinois rien ne vaut, ne procure ; De Beauvaisin du tout je le dépose ; Mais pour toute liqueur sans violence, Beaune a le bruyt sur tous par excellence.

Du vin d'Aunis au pays Saintongeois,

Soubise en doit emporter la bannière.

Je laisse Ré jusques à Talmondois

Et prends Matas, Roissac près d'Angoulmois,

Ville Jènes de fameuse manière,

Tasson n'est rien ; Saint-Messan ce n'est guère.

Chastellerault c'est de povre mesure,

Amboise et Tours point ne vous les assure.

Louer Chinon parfaitement je n'ose.

Pour abréger, je conclus et propose

Puys, Germolles, Corton et l'Alliance ;

Beaune a le bruyt sur tous par excellence.

A vous Bacchus, prince de la boyture.

Et vous, gr omets, qui en ferez lecture. Pardonnez-moi, si bien je n'en dispose Soit de couleur, saveur, en ryme ou prose De vos supposts dont j'ai expérience, Beaune a le bruyt sur tous par excellence.

Pierre Danthe (Le Vin de Beaune ou le Blason des Vins.)

Cher fils, salut, etc.. Ce vin de Beaune que tu nous as envoyé était de bonne et agréable saveur ; il convient tout à fait à notre nature et complexion,; nous en avons usé de façon à peu près régulière au cours de notre dernière maladie, en guise de remède. Aussi exhortons-nous la noblesse et la requérons de nous en expédier encore du même dès que tu en auras la facilité. Il nous sera certainement fort agréable de la recevoir et ta noblesse nous fera ainsi très grand plaisir.

Innocent VIII.

(Ce Pape remerciait en ces termes le 17 novembre 1485, dans la deuxième année de son Pontificat, le duc de Bourgogne de l'envoi de vin de Beaune qu'il lui avait fait.)

Je désire être noyé dans un tonneau de vin de Beaune pour que ma mort soit sans efi'ort et bonne.

Duc DE Clarence (Condamné à mourir par son frère Edouard IV, Roi d'Angleterre.)

XVIe SIÈCLE

1?NTRE les vins de Bourgogne, les vins de Beaune tiennent le premier rang, lesquels j'oserois bien préférer aux vins d'Orléans et d'Ay, desquels on fait si grand cas à Paris, parce que donnant moins en teste et offensant moins le cerveau.

Aucuns aussi comparent les vins de Beaune aux vins qui naissent au clos des vignes du Roi de Navarre, qui est à cinq lieues de Vendôme appelé Prépaton, parce que les complans de ce clos de vignes ont été choisis et pris partout. Le vin est clairet, d'œil de perdrix, d'un goût plaisant et délicat à boire.

Docteur Jean Liebault (L'Agriculture et la Maison Rustique.)

J'avais goûté auparavant des vins de Bourgogne, mais durs et chauds ; celui-là était de la couleur la plus réjouissante, vous auriez dit une escarboucle, ni trop dur, ni trop doux, mais suave, ni froid ni chaud ; mais liquoreux et innocent, si ami de l'homme qu'en boire beaucoup n'eût pas fait grand mal, et, ce qui se voit rarement, des vins rougeâtres, relâchant légèrement le ventre, à cause,

j'imagine, du surcroît d'humidité qu'il développe dans l'estomac. O bienheureuse Bourgogne !... ne fût-ce qu'à ce seul titre ; province bien digne d'être appelée la mère des hommes, elle qui possède un tel lait dans ses veines...

Erasme (Extrait d'une lettre à Marc Laurin.)

Hippocrate nous dit : l'homme qui boit du vin

Ne verra pas chez lui souvent le médecin ;

Et pour votre santé Sylvius vous désigne

Comme lieux les plus saints, ceux où fleurit la vigne...

Heureux donc qui jouit, exempt d'ambition.

D'un vignoble planté dans quelque bon canton.

Et qui peut égayer l'ennui de la journée

Du nectar que les dieux lui donnent chaque année !

Heureux encor celui qui, las de trop souffrir

Et qu'un peu de vin vieux suffirait pour guérir.

Peut, sans de son voisin être toujours esclave,

Retrouver la santé dans le fond de sa cave !

Trambly (Poète maçonnais.)

Il n'y a qu'un Volnay en France.

Proverbe anonyme.

XVIIe SIÈCLE

rence a

J'ai analysé avec soin le vin que m'a envoyé le Supérieur des moines de Saint- Vivant. Or, j'ai reconnu qu'il est tonique, astringent, généreux, qu'il supporte facilement l'eau du baptême et que, même sous un petit volume, il produit des eflfets merveilleux. Il convient à un tempérament robuste comme le vôtre. Voilà pourquoi. Sire, je le recommande de préfé- Votre Majesté.

Fagon (Ordonnance du célèbre Médecin de Louis XIV.)

Votre Majesté doit boire ce vin, parce qu'il s'attache plus étroitement aux aliments dans l'estomac, et, étant distribué avec eux dans toutes les parties du corps, se convertit en sang louable et bien conditionné, sans faire encourir le danger d'aucune maladie.

Fagon (Ordonnance.)

Qui n'a de vignes en Cailleray Ne sait ce que vaut le Volnay.

Proverbe anonyme.

L'estomac presse et digère le vin de Bourgogne sans chercher à s'en défaire.

Fagon (Ordonnance.)

Le vin de Beaune est la plus agréable des boissons.

Il possède une grande force pour mouvoir les urines et les sueurs.

Il passe avant tous les autres, parce qu'il charme d'abord les yeux, puis les narines et le palais, puis parce qu'il mitigé le suc mélancolique auteur et fauteur de tristesse, répare très vite ceux qui sont épuisés par les soucis ou le travail de l'esprit, d'où la joie du cœur, l'euphorie. Il écrit en grec le mot si cher aux thérapeutes d'aujourd'hui, à condition, dit-il, qu'il soit abondamment servi « abunde suppeditionis ».

Daniel Arbinet.

(Extrait de la thèse d'un Beaunois en 1652, qui fut à l'origine de « La Querelle des Vins ».)

Si vous vous portez bien, nous nous portons bien aussi, moyennant les huîtres en écaille, le Volnay et le Saint- Laurent...

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