SALVANDY
Ah I voici que je me rappelle de quoi il s'agissait ; nous en parlerons plus tard; ça se passa au E^vre. Quelques autres lettres, insignifiantes :
En 1839, une des filles du roi, la princesse Marie, qui avait épousé un duc de Wurtemberg,
mourut à la fleur de sa jeunesse : c'était une physionomie très poétique et très intéressante ; elle s'occupait de sculpture et avait acquis un véritable talent ; j'avais appris par Vatout, bibliothécaire du roi et un peu de mes amis, la mort de la princesse dans la matinée. Le soir, je faisais paraître dans un journal quelques lignes sympathiques, exprimant ïe chagrin réellement public ; j'envoyai le journal h Vatout en le remerciant des quelques renseignements intéressants qu'il m'avait donnés; il me répondit :
« Votre généreux désintéressement veut m'attribuer un honneur qui n'est dû qu'à vous ; de quelques impressions fugitives vous avez fait un tableau plein de charmes, et je n'accepte qu'une petite part dans le plaisir et l'intérêt qu'il a inspirés à tout le monde ; il a fait surtout couler de douces larmes dans le lieu où on pleure le plus celle dont vous avez célébré d'une manière si touchante les vertus, les talents et la beauté.