‹ Le livre de bordChapitre 4 sur 44 · SOPHIE GAY · texte numérisé non relu

SOPHIE GAY

Madame Gay, je l'ai dit, avait horreur de la solitude et était d'une extrême intolérance pour Tapparence même de la négligence; il n'y avait pas de crime égal à celui d'être quelque temps sans aller la voir, et celui ou celle qui s'en rendait coupable était fortement soupçonné et parfois accusé de tous les autres. Un jour, les deux sœurs m'écrivaient ensemble :

« Notre mère ajant dit, hier soir, que vous n'aviez aucun talent, nous en avons conclu que vous étiez en retard de quelques visites; or elle donne jeudi probhain un petit souper où il faut que vous soyez; avisez donc à vous faire inviter; vous avez deux jours devant vous. »

J'étais un matin chez madame de Girardin; son jnari entre brusquement, une lettre à la main, t: Voici, dit-il, une étrange nouvelle 1 » Puis, en m'apercevant : « Ahl vous voilà, me dit-il; alors la nouvelle paraît fausse; lisez. > Et il me donna la lettre qu'il tenait.

Le lendemain, on lisait dans la Presse^ écrit par madame de Girardia :

n On a envoyé à tous les rédacteurs de journaux .une lettre contenant ces mots :

» J'ai la douleur de vous apprendre que M. Al- » phonse Karr a été tué ce matin en duel; son ad- 7> versaire M. M*** a immédiatement quitté Paris.

» Cette fausse lettre anonyme était signée du nom d'un ami intime de M. Karr, ce qui lui donnait une triste probabilité; la sinistre nouvelle s'est répandue dans tout Paris avant que M. Karr ait eu lé temps de rassurer sa famille. Connaissezvous rien de plus affreux que cette mystification? Avec de pareilles plaisanteries, on peut tuer une mère, une sœur ou toute autre femme dévouée.

Mais est-ce une plaisanterie? M. Karr le croit. Il y a, dit-il, des gens qui aiment à rire. Quelques-uns prétendent que c'est une méchanceté; cela ne serait pas une excuse; les plus fins disent : « C'est » une rêverie de poltron. » Mais que ce soit une

plaisanterie, une méchanceté ou un doux rêve, tout le monde est d'accord pour s'écrier : « C'est » une infamie! » En vérité, la gaieté française fait des progrès effrayants.

» VITOMTE CH. DELAUNAY. »

Et j'ajoutai dans les Guêpes :

« Il faut que le monsieur qui a pris la peine d'écrire vingt lettres aux journaux ait le rire difficile et soit peu chatouilleux, pour ne pouvoir se contenter des bouffonneries de tout genre dont nous régalent les hommes sérieux de ce temps-cL

» Les directeurs de presque tous les journaux ont envoyé chez moi aux informations et n'ont pas inséré la lettre. Plusieurs de mes amis, ayant appris la nouvelle dans les théâtres ou dans le monde, sont venus demander s'il était vrai que je fusse mort, et, ayant appris que je n'étais que sorti, s'en sont allés en disant : c Ah! tant mieux ! » Ce qui m'a fait penser au jour où la chose sera vraie et où les mêmes amis se la feront confirmer et diront : € Ah ! tant pis ! » Après quoi, ce sera fini. »

C'était un jour où Ton représentait, au théâtre de la Gaieté, le Massacre des innocents. Des écrivains chargés par les journaux de rendre compte de la représentation des pièces de théâtre, presque ■aucun ne parut dans la salle. Les plus influents des feuilletonnistes avaient reçu une lettre ainsi coTiQue :

« M. et madame Emile de Girardin prient M***' de leur faire rhonneur de venir passer la soirée chez eux, le mardi 12 novembre, à neuf heures, pour entendre VÈcole des journalistes, »

Dans un salon tendu de vert, décoré avec une simplicité riche et élégante, on remarquait MM. de Lamartine, Hugo, de Balzac, Etienne, de Jouy, Lemercier, Ancelot, E. Sue, Emile Deschamps, Malitoume, Roger de Beauvoir, de Gustine, madame de Bawr, madame Gay, madame Ancelot, madame la eemtesse Merlin, madaipe Ménesster, fille de Nodier, et©. ; plusieurs femmes du monde, les unes ^irituelles, les autres johes, une joli^ et spirituelle; des artistes distingués, des hommes dumonde^

Mais surtout on remarquait tous les rois du feuilleton, et à leur tête leur maître, Jules Janiai

G*était là aussi un massacre des innocents,

Hérode ne tarda pas à paraître; c'était une jeune femme svelte et forte à la fois, comme la muse antique, encadrant un charmant visage dans de splendide» cheveux blonds ; elle était vêtue de blanc et ne ressemblait pas mal à la Yelléda de M» de Chateaubriand.

Elle prit sa place ei commença sa lecture.

C'était une suite de vers fins et spirituels qui faisaient naître dans l'esprit un sourire que beaucoup arrêtaient sur leurs lèvres ; c'était une satire contre les journalistes ; l'auteur, rassemblant lea

byGoQgle

L« LITRE ÛË BOBD Sf

traits de quelques visages, en avait fait un por-» trait général, dans lequel quelques-uns ont le droit de ne se pas reconnaître.

Le premier acte finit au milieu des applaudissement. Madame de Girardin but un verre d'eau pm-e, et, moi, je frémis.

L'élite des journalistes était là ; ils étaient rentermes; on leur servait des glaces et des gâteaux : je me rappelai le poison des Borgîa.

Mais que ne devins-je pas quand je m'aperçu»

que presque tous les hommes avaient au dos une marque blanche ?

Je me rappelai alors aussi les missions à l'église des Petits-Pères sous la Restauration ; c'était ainsi que les agents de police marquaient dans l'église les perturbateurs, que Ton empoignait à la sortie.

Ces deux souvenirs, celui d^ missions et celui de Lucrèce Borgia, se croisant dans mon esprit, je demeurai incertain, non pas si la comédie en cinq actes aurait un sixième acte tragique, j'en étais, bien persuadé, mai? seulement si cela finirait comme Bajazet, quand la sultane dit au héros que les muets attendent à la porte, pour l'étrangler,, son terrible : Sortez I ou comme Lucrèce Borgia, quand elle dit aux convives de son fils Gennaro ;

MeSSEIGNEURS, vous ÊTES TOUS EMPOISONNÉS I

La lecture cependant, ou plutôt l'exécution continua. Quelques hommes, qui connaissaient les visages des joumaKstes, les désignaient aux hom^

mes et aux femmes du monde qui ne les connaissaient pas, et on faisait à chacun Tapplication des dix vers qui se lisaient pendant qu'on l'examinait à son tour.

C'était assez embarrassant, je vous assure, et je me trouvai heureux de n'avoir jamais été qu'un journaliste de passage et de ne l'être plus.

Les mots spirituels, les vers charmants, les épigrammes, les vérités, les injustices sortaient toujours de la bouche d'Hérode. Il vint même une scène d'un drame élevé, très belle, très bien écrite, et, comme l'a dit Janin dans sa réponse à madame de Girardin, mieux dite que ne l'eût pu faire aucune actrice du Théâtre-Français.

Pendant ce temps, M. Emile Deschamps répétait à chaque vers, ainsi qu'il le fait à toutes les lectures : Châmant! châmant!

La lecture finie, le martyre des journalistes ne l'était pas. On entourait madame de Girardin, et quelques personnes lui disaient : Oh! les mowstrès! D'autres ajoutaient : Vous leur prêtez trop d'esprit, ils n'en ont pas autant que cela^ position agréable pour les journalistes présents. Cependaat personne ne fut étranglé, personne ne mourut; les marques blanches au dos provenaient d'une peinture intempestive des portes, faites par un iapissiei* maladroit. Le lendemain, aucun journaliste n'avait d'habit. On les rencontrait tous en paletot. Les habits étaient chez le dégraisseur.

C'est alors que, pour se faire bien venir de la rue Neuve-Saint-Georges et de M. Thiers, M. Gavé, directeur des beaux-arts, s'opposa^ à ce que la pièce fût jouée au Théâtre-Français, et que la censure en défendit positivement la représentation, ce qu'on devait, du reste, attendre.

Le hasard fit qu'à quelques jours de là on vanta — dans la Presse — le désintéressement de M. Gavé. M. Gavé crut voir dans la phrase un sens ironique, et envoya MM. Dittmer et de Champagny demander à M. de Girardin une explication, une rétractation ou une satisfaction. M. de Girardin refusa le tout. Les témoins retournèrent auprès de M. Gavé fort embarrassés. Mais M. Gavé, apprenant le résultat de leur visite, se contenta de dire : « Eh bien, j'aime autant cela. »

Quelqu'un a dit, en voyant la mauvaise humeur de quelques journalistes : « Ges messieurs sont comme les enfants : ils crient quand on les débarbouille. »

Pendant longtemps, après la lecture de cette pièce, oîi l'on peignait certains journalistes puisant leur verve dans la mousse du vin de Champagne, Janin ne manqua pas un seul matin, après son déjeuner, qui se composait d'une tasse de chocolat et d'un verre d'eau, de dire à son domestique : € François, enlevez les restes de cette orgie. »

LE KUmIrO DBS « QUf PK8 • OK f£vRIKB 1843. — ARTICLI OK MADAME DR QIRARDIN. — UNB FEMMK DE LETTRES. *— C LES SALOHS D'AUTRE- FOIS. > — LA COUTBMPORAIME. -> PART DE MADAME O'CORKBLL DANS LES FEUILLETONS DU i VICOMTE DE LAUHAY >•

En février 1843, j'eus la douleur de perdre mon eher père. Voici le sommaire des Guêpes de ce mois, avec une explication de Léon Gatayes, puis le fragment donné par madame de Girardin.

€ Sommaire. — Note et explication sur le numéro des Guêpes de ce mois, par M. Léon Gatayes.

» Notice sur Henri Karr, par M. Adam. — Fragment, par M. E. d'Anglemont. — Anecdote russe, par M. le vicomte d'Arlincourt. — Tristesse, par M. Roger de Beauvoir. — Le Cohen, par M. S.

Henri Berthoud. — Encore un roi qui s'en va, par M. Louis Desnoyers. — Le voyage de xa vie,^ par M. Jules Ferraud. — Une visite noc-^ tume,. par M. Théophile Gautier. — Louise, par M. Gavarni. — Légèreté du peuple français, par M. Léon Gozlan. — Vers écrits dans un cimetière, par M. Victor Hugo. — Horace et le chif-

fonnier, par M. Jules Janin. — Feuille d'un album, par M. de Lamartine. — Lettre parisienne, par M. le vicomte de Launay. — Lettre, par M. Hippolyte Lucas. — Fragment d'un album de voyage, par M. Mallefille. — La betterave et la canne à sucre, par M. Méry. — Fragment, par M. A. Soumet. — Ariste, par M. Eugène Sue. »

Voici la note de Gatayes :

« Le numéro des Guêpes du mois dernier paraissait, lorsque mon ami Alphonse Karr a fait une perte cruelle. Il a eu à remplir de tristes et douloureux devoirs. Nous l'avons renvoyé à son jardin au bord de la mer, chercher un peu de repos et se remettre des pénibles émotions qu'il venait de subir. Alors, j'ai pensé qu'il ne ferait pas le numéro des Guêpes de ce mois-ci, et en même temps qu'il fsdlait que ce numéro parût.

» J'ai consulté nos amis communs, et le peu d'amis séparés que nous avons. Tous sont venus à mon aide et aussi avec eux plusieurs qui ont avec M. Alphonse Karr des liens de sympathie et de caractère, des rapports de position et de talent.

> Chacun a voulu faire sa part dans ce volume, qui ne sera pas le moins intéressant de la collection, non pas seulement à cause des noms et du talent de ses auteurs, dont chacun a fait la succès de plus gros livres que celui-ci» mais aussi

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à cause de ce noble et singulier concours autour d'une infortune.

» J'ai personnellement des actions de grâces à rendre à tous pour l'accueil plein de bienveillance et de sympathie que j'ai reçu, et pour leur empressement aussi honorable pour eux-mêmes que pour notre ami.

» LÉON GATATES. »

Voici les pages données par madame de Girardin :

a Nous!... oser écrire une lettre dans les Gtupes... quelle audace l ou plutôt quelle humilité ! Et vous croyez peut-être que nous allons essayer d'y faire de l'esprit? Pas si bête. Oh! non vraiment. Nous voulons bien dire ce qui s'est passé depuis un mois dans le Paris élégant; mais nous ne hasai^derons pas la moindre réflexion, la plus légère critique ; lutter de moquerie avec le prince des moqueurs, ce serait de bien mauvais goût. Nous necommettrons pas cette faute ; nous ferons au con* traire un éloge exagéré de toutes choses et de tout le monde ; nous ne nous permettrons pas^ d'autre malice.

» Les événements politique!^ du mois (du mois de janvier ; ceux de février ne nous regardent pas, et c'est dommage, car février, quoique bien jeune, promet déjà beaucoup pour son âge), les événe-

ments politiques de ce mois sont deux discours:: le discours du trône ou de la couromie (jargoi parlementaire), et le discours de l'illustre député de Mâcon.

» Le premier, plein de grandeur et de vérité, proclamait que notre beau pays de France était dans l'état le plus prospère.

» Le second, non moins remarquable par l'élévation et par la franchise, déclarait que notre malheureuse patne était dans l'état le plus déplorable.

» Le vulgaire disait de l'un : c Le discours du roi est bien insignifiant : il ne nous apprend rien, n

» Comment donc! il nous apprend que nous sommes heureux. Vous appelez cela rien !

» Le vulgaire disait de l'autre discours : — « Qu'est-ce qu'il prouve? »

» Il prouve que les majorités s'en vont, et c'est quelquç chose.

» Les événements mondains sont trois fêtes merveilleuses, pour commencer l'année :

3) 1° Un superbe concert chez madame la duchesse de Gah..., magnifique soirée qui a donné le signal des plaisirs. C'était la première fois qu'on se revoyait dans le monde, et l'on paraissait en vérité* ' bien heureux de se revoir. Quelle animation I quello élégante joie I On n'avait jamais vu briller h la fois tant de gaieté et tant de diamants. Ce grand con- III. 3

cert est, sans contredît, la plus belle fête de l'année.

» 2^ Le bal de madame de Roths... C'était une riante fêté donnée au triste et pauvre hiver dans le palais d'or du printemps. Comme ce palais est évidemment habité par les fleurs, les femmes de bon goût évitent d'y porter des fleurs dans leur parure : elles se coiffent avec des feuillages de velours, des plumes, des épis, des diadèmes de pierreries; là, une couronne de roses, la plus fraîche de chez Batton, serait très mal venue. Cette fête était sans contredit la plus belle fête de l'hiver.

ï> 3° Le concert de madame Pozz... Une excellente musique, écoutée par le public le plus choisi, dans les riches et vastes salons de l'ancien hôtel de Blacas, nouvellement arrangé à la mode du jour. Ce superbe concert était sans contredit la plus belle fête de la saison.

» — Il me semble, direz-vous, qu'il y a un peu de * confusion dans la préférence que vous accordez h chacune de ces trois fêtes.

» — Ce n'est pas moi qui parle; je répète ce que j'entends dire.

3> — Qui vous a dit que le concert de madame la duchesse de Gah.^. était le plus beau de tous?

» — Les gens que n'avait pas priés madame Pozz...

» — Qui vous a dit que les salons de madame Pozz... étaient les plus merveilleux?

9 — Les personnes que n'avait pas priées ma« dame deRoths...

i> — Et celles qui étaient engagées à venir dans les trois maisons, elles seules peuvent être juges, que vous ont-elles dit?

> — Qu'elles étaient restées au coin de leur feu, A Paris, c'est la suprême élégance, on ne tient tant à être invité partout que pour avoir le droit de n'aller nulle part.

» Les événements littéraires sont

> L'immense succès de mademoiselle Rachel dans Phèdre... Voilà la véritable tragédienne classique, belle, simple, digne, toujours royale, toujours poétique, jusque dans les égarements de la plus humiliante douleur. Quelle diction purel quelle profonde connaissance de l'art I comme ces attitudes sont gracieuses et fiéresl comme cet ensemble est harmonieux! comme c'est bien là une jeune Grecque! quel beau désespoir de statue! Voilà du style, à la bonne heure !

» Et le persistant succès de madame Dorval dans la Main droite et la Main gauche. Voilà le drame passionné dans toute sa violence, dans toute sa naïveté. Comme cette femme est bien une femme! comme cette mère est bien une mère! comme ces larmes sont bien des larmes! comme ce mouchoir est bien un mouchoir! Son désespoir est si probable, si naturel et si moderne, qu'on est tout prêt

à s'élancer près d'elle pour la consoler. On est au moment de. lui crier : — c Rassurez-vous : Wilfrid ne périra pas; je vais trouver M. Gozlan, il m'accordera sa grâce. » Âh I voilà de la passion et de la vérité, à la bonne heure I

» Pour se reposer des émotions dramatiques, on court aux petits théâti'es. On va voir au Vaudeville de mignonnes comédies romanesques et sentimentales qui font verser de douces larmes. Là, plus de lazzis vulgaires, plus de calembours rebattus, mais un joli esprit de salon, des mots fins, des couplets tendres, un dialogue d'un goût délicat qui repose enfin de cette grosse gaieté bruyante des théâtres du boulevard.

» Aux Variétés, les célébrités du monde élégant se donnent rendez-vous tous les soirs pour voir, revoir et savoir les Petits Mystères de Paris, Cette amusante plaisanterie fait fureur; les habitués ne s'en lassent pas. Là, point de bons mots prétentieux, point de couplets tortillés, point de morceaux d'ensemble à grande musique si péniblement italienne; mais des tableaux naïfs d'une juste observation, mais de bonnes bêtises, une gaieté bien franche qui réveille enfin de là langueur où vous jettent tous les vaudevilles pleurnicheur» dont on vous accable aujourd'hui.

» En fait dç modes, nous vous parlerons d'une parure fort admirée : une robe de satin blanc, garnie tout en franges de perles; sur la tête, un

diadème de perles fîneâ, montées en diamants. On a beau dire, cette noble simplicité sera toujours le cachet du bon goût.

» Voici une autre parure toute nouvelle et que l'on n'a pas moins admirée : une robe de crêpe lisse, couleur jonquille, composée de septtuniques. Ces sept petites jupes rappellent les sept petites capotes du tailleur de Sancho Pança. Dans le tourbillon de la valse, elles produisent un effet charmant; avec cette robe, on portait pour coiffure une guirlande d'immortelles jaunes et orange; ces fleurs sont très à la mode cette année. On a beau dire, dans la parure il n'y a de joli que le caprice et la fantaisie.

» Nous aurions encore bien d'autres choses à louer, mais nous craignons de tomber dans la fadeur. Parce qu'on ne peut pas faire de l'esprit, ce n'est pas. une raison pour affecter une niaiserie systématique; parce qu'on ne saurait être piquant, ce n'est pas une raison pour se faire doucereux; on n'est pas forcé de se donner pour une abeillQ parce qu'on a le malheur de n'être pas une guêpe. A propos d'abeille, il est question d'un projet de loi qui supprime les fabriques de miel comme nuisant à la canne à sucre; on ne parle point d'indemnité.

» Il appartenait à ce recueil d'être le premier à proclamer cette nouvelle.

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