‹ Le livre de CalibanChapitre 24 sur 58 · RD DRUMONT · texte numérisé non relu

RD DRUMONT

le premier, c'est toute la différence, et vous ne le nnassacrez que pour cela.

Enfin, l'extermination faite selon vos vœux, ei bien faite, il nous reviendrait d'autres juifs Jes cinq parties du monde, plus nombreux, plus ac[ii^, plus volontaires que jamais. Et alors quoi? Après la seconde Saint-Barthélémy, il nous faudrait une seconde Révocation de l'Édii de Nantes?...

Oh! non, dites, Drumont? Ça nous ramènerait une seconde Révolution française!

COC^UELIN CADET

L<^ TÈTi:^IÈ\E

ous les aimons leltement que nous en k avons une pépinière nationale afin f d'être sûrs de ne pas en manquer!

Qu'est-ce que nous deviendrions, en effet, si un beau jour (beau ;our est mis là par antiphrase) la France se trouvait à court de comédiens ?

Écartons cette vision sombre ! D'ailleurs, il y a la pépinière, c'esc-à-dire le bien aimé Conservatoire.

Tous les ans à la même époque, soit lorsque

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juillet mûrit les blés, une vingtaine de jeunes « conservés » de tous les sexes entrent dans la circulation théâtrale et s'y épandent. Paris se les assimile. C'est ainsi qu'aux jours écoulés le célèbre Minotaure recevait d'Athènes un tribut annuel de quelques beaux gars et de jeunes Biles, qu'il dévorait sans sel ni moutarde. Seulement, lui, il les voulait vierges. Paris est moins exigeant; il les avale tek que M. Ambroise Thomas les lui livre, et Ambroise Thomas les lui livre tels qu'il les a reçus, l'excellent homme!

Je ne sais pas au juste à qui la France est redevable de l'institution du Conservatoire. Je l'ai su, mais je l'ai oublié. Quant à le rechercher dans les livres, il fait trop chaud ce matin ! Je crois me rappeler toutefois que c'est une création de la Révolution retouchée par le premier Empire. La « Conserve » n'a pas cent ans. Elle a précédé la naissance de Liebig de quelques années à peine, et ce grand chimiste a pu la voir fonctionner et produire ses fruits bocaleux tandis qu'il cherchait lui-même à remplacer le lait de femme par des phosphates, le pot au feu par le cirage et le pain par les croûces de fromage trempées dans le vinaigre.

Pendant l'ère moisie des Monarchies, nous ne devions en effet nos comédiens qu'à la nature. —

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