‹ Le livre de demainChapitre 17 sur 136 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

même d’après la recette que lui avait transmise son prédécesseur. Ces recettes variaient par la manière dont on préparait le noir de fumée (qui s’obtenait quelquefois par la combustion de l’ivoire), et aussi par la nature et le degré de cuisson des huiles ; nos plus belles encres noires actuelles, celles qui servent pour la gravure, ont pour base un vernis à l’huile de lin très pur et très limpide.

En 1482, Radtholt imprima plusieurs exemplaires d’un Euclide en lettres d’or. On sait qu’il suffit pour obtenir ces sortes d’impressions de passer, sur la page imprimée avec une encre quelconque, encore fraîche, un tampon chargé de poudre métallique.

Au xvne siècle les élégants de Paris employaient pour leur correspondance des papiers et des encres de toutes couleurs.

Dans une lettre de Louis Racine à sa fille, madame de Neuville (ier août 1747), on voit, en vignettes coloriées, à l’endroit où devait se trouver le mot Madame , une dame vêtue à la plus belle mode du temps ; et à l’endroit du Servi-

DE L ENCRE

tear de la fin un monsieur faisant la révérence.

Barbey d’Aurevilly fait mieux : ses lettres et ses manuscrits présentent la plus singulière bigarrure de toutes les encres que peut lui fournir le commerce.

Le xvme siècle tenta quelques essais d’impression où le texte entier était en couleur ; ce fut un homme célèbre par son esprit, l’abbé Caraccioli, prêtre de l’Oratoire, qui les mit à la mode.

Le premier livre qui parut ainsi fut édité en 1759, en vert, sous le titre :

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