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CHAPITRE III

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violentes ; chez les peuples d’une civilisation avancée, ces contrastes paraissent durs, brutaux, et on leur préfère les combinaisons, procédant du triangle équilatéral, telles que celle du rouge-pourpre, du bleu-verdâtre et du jaune-orange qu’affectionnait Véronése. Les combinaisons correspondant à des polygones de plus de trois côtés, deviennent de moins en moins tranchées comme opposition, mais, leur effet général étant de reconstituer une lumière semblable à celle du soleil, elles donnent ce qu’on appelle de Y air aux paysages. Il n’y a pas lieu de s’en occuper au point de vue typographique ; cependant on remarquera que l’on peut produire la sensation d’une couleur primaire ou secondaire à l’aide d’une réunion très complexe de teintes ; il suffit pour cela de considérer un polygone régulier quelconque inscrit dans le cercle chromatique et de prendre toutes les couleurs qui en occupent les sommets moins la complémentaire de celle dont on veut obtenir l’effet ; ainsi on produira une tonalité rouge par l’emploi simultané et dans des proportions convenables du bleu, du violet, du rouge, de l’orange et du jaune qui occupent cinq des sommets de hexagone inscrit.

LA COULEUR

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Si nous considérons maintenant deux teintes très voisines sur le cercle chromatique, indépendamment de toutes les autres, leur opposition donnera une impression agréable, surtout si ces teintes alternent par touches peu étendues ; il en est de même pour les tons et les nuances dont l’emploi exclusif constitue les effets si doux du camaïeu auxquels notre œil a été habitué dés l’enfance par les grandes surfaces que présente la nature, telles que les prés, les bois, les eaux, les ciels brumeux, etc. On peut comparer ces effets à ceux du trémolo ou de la voix céleste qu’on obtient sur l’orgue en produisant simultanément deux notes se suivant dans la gamme. Les encres fines étant généralement transparentes, leurs couleurs sont dénaturées quand on les applique sur des papiers de couleur; aussi le camaïeu convient-il parfaitement en typographie pour tout ce qui n’a pas besoin d’être lisible, c’est-à-dire pour les cadres et les vignettes.

On a constaté que l’impression agréable cessait de se produire quand la différence des teintes acquérait une certaine intensité ; l’œil est alors dérouté. Pour qu’il s’y reconnaisse, il faut que la différence s’accentue encore

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davantage et aille jusqu’à £ du cercle chromatique, ce qui correspond à un angle de 6o°. On obtient alors les harmonies qui ont été adoptées dans la fabrication des écossais : le vert avec le bleu ou le jaune; l’orange avec le jaune ou le rouge; le violet avec le rouge ou le bleu, etc.; en d’autres termes, une couleur secondaire avec l’une des deux primaires qui ont servi à la former ou une combinaison analogue des teintes intermédiaires. Les faïences d’Ulysse et de Tortat, de Blois, sont très-habituellement décorées à l’aide de ces oppositions de teintes que nous retrouvons, avec des nuances plus sombres, dans la toiette des dames françaises.

A mesure que l’angle des couleurs augmente, les contrastes deviennent de plus en plus tranchés et ils sont d’autant plus durs que les couleurs opposées sont moins éclatantes par elles-mêmes; ainsi, pour l’angle de 120°, on trouve opposés le rouge et le bleu dont le rapprochement ne devient agréable que lorsqu’on prend des tons clairs pour ces deux couleurs. A cet angle correspondent les contrastes bleu-jaune et violetvert qui donnent tant de vivacité aux faïences de Thibault, de la Chaussée.

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LA COULEUR

A i8o°, on a les complémentaires où une couleur éclatante est toujours opposée à une sombre, ce qui permet d’admettre toutes les combinaisons avec leur ton prismatique.

Quand on place une couleur à côté d’une autre, et plus spécialement quand on établit un ornement sur un fond de couleur différente, il faut, pour produire un bon effet, que les deux couleurs ne se mélangent pas sur les bords. Les Orientaux, ces grands maîtres en la matière, ont en outre constamment observé les règles suivantes :

i° Des ornements d’une couleur quelconque peuvent se détacher des fonds d’une autre couleur quelconque au moyen de bordures en blanc, en or ou en noir.

2° Si les deux couleurs tranchent vivement, il suffit de détacher l’ornement par un bord d’une teinte plus claire ; ainsi une fleur rouge pourra n’avoir qu’un bord d’un rouge plus clair.

3° Quand des ornements de couleur se trouvent sur un fond d’or, il faut au contraire les détacher par un contour d’une couleur plus foncée.

4° Des ornements d’or sur un fond de couleur quelconque doivent avoir leurs contours tracés en noir.

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