‹ Le livre de demainChapitre 3 sur 136 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

ans d existence et on trouve dans Pline quelques détails sur leur fabrication .

« On prépare, dit-il, le papier en divisant à l’aiguille le papyrus en feuillets très minces, mais aussi larges que possible... Les diverses sortes sont toutes faites sur une table humectée avec de l’eau du Nil ; ce liquide trouble tient lieu de colle. D’abord, sur cette table inclinée, on colle des feuillets de toute la longueur du papyrus, seulement on les rogne à chaque extrémité ; puis on pose perpendiculairement d’autres bandes de manière à faire une sorte de treillage. On les soumet à la presse ; cela fait une feuille que l’on sèche au soleil. . . Les inégalités du papier sont polies avec une dent ou un coquillage. »

A Rome on perfectionna la fabrication du papier en l’enduisant à plusieurs reprises de colle de farine et le battant au maillet après chaque encollage pour l’amincir et en faire disparaître les inégalités.

La production du papyrus et l’industrie de sa transformation, dont le siège principal était à Alexandrie, se trouvant assez limitées, il arriva souvent dans l’antiquité que le papier manqua . C’est ce qui se produisit notamment

LE PAPIER

lorsque les Ptolémées en défendirent l’exportation afin de pouvoir constituer leur magnifique bibliothèque. Les rois de Pergame, qui rivalisaient avec leurs voisins d’Egypte pour le culte des lettres, employèrent alors, au lieu de papier, des peaux de chèvres, de brebis ou de jeunes veaux qui déjà servaient quelquefois à cet usage. Ils en perfectionnèrent la préparation et c’est de là que nous est venu le T ar chemin, appelé Ch art a Tcrgamena par les Romains, et le Vélin. Les anciens étaient arrivés à une telle habileté dans leur fabrication que Cicéron raconte avoir vu l’Iliade toute entière écrite sur une feuille de parchemin si fine qu’elle aurait pu entrer dans une coquille de noix.

Papier et parchemin étaient livrés au commerce sous forme de larges bandes qui avaient quelquefois jusqu’à prés de trois mètres de longueur. On écrivait soit parallèlement au petit côté en une colonne, soit perpendiculairement à ce côté en plusieurs colonnes parallèles. Dans tous les cas, du moins en Égypte et à Rome, la bande était enroulée autour d’un bâton, comme le sont encore les livres chinois, et formait ains un rouleau ou volumen. Comme un rouleau

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