‹ Le livre de demainChapitre 4 sur 136 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

ne pouvait généralement contenir tout un ouvrage pour peu qu’il fut étendu, cet ouvrage se trouvait ainsi naturellement divisé en plusieurs volumes.

On a dit que les anciens connaissaient le papier de chiffon parce qu’on trouve mentionnés dans leurs auteurs des libri liniei ; c’est une interprétation erronée ; les libri lintei étaient des livres écrits sur toile. Le musée Égyptien du Louvre possède plusieurs très anciens rituels de cette espèce. Les livres Sibyllins étaient écrits de la même manière et Tite-Live rapporte qu’autrefois à Rome les particuliers n’écrivaient pas autrement, l’usage des tablettes de plomb étant réservé pour les actes publics. Suivant Pline, les Parthes préféraient encore de son temps écrire sur leurs habits que de se donner la peine de fabriquer du papier avec le papyrus qui croissait cependant en abondance sur les bords de l’Euphrate, aux environs de Babylone alors en leur pouvoir.

On sait, par une lettre de Symmaque, que la Perse avait donné aux Romains le luxe d’écrire sur de la soie ; au temps de Boileau cet usage existait encore en France pour les thèses destinées aux personnages de marque :

LE PAPIER

Peindrai-je son jupon bigarré de latin.

Qu’ensemblc composaient trois thèses de satin, Présent qu’en un procès sur certains privilèges, Firent à son mari les régents d'un collège,

Et qui sur cette jupe à maint rieur encor Derrière elle faisait lire argumentabor.

On cite un assez grand nombre d’impressions de cette nature exécutées en Angleterre, même de nos jours, notamment les poèmes de Goldsmith et de Parnell, sortis en 1795 de la célèbre Shaskpeare Press, et la grande charte du roi Jean éditée en 1812, en lettres d’or sur satin pourpre, par J . Wittaker, libraire de Westminster.

Vers le 11e siècle de notre ère, les livres commencèrent à se présenter non plus seulement sous la forme de rouleau, mais aussi sous celle qui est adoptée aujourd’hui et qui était depuis longtemps en usage chez les Grecs. Martial parle comme d’une nouveauté , dans ses Épigrammes, de ces livres qu’on appelait Codices. On imagina alors, pour donner plus de solidité aux feuilles de papyrus qui sont naturellement cassantes, d’intercaler de distance en distance, une feuille double de parchemin ou de vélin sur laquelle le texte se continuait. Il existe à la Bibliothèque

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