‹ Le livre de demainChapitre 74 sur 136 · LA MORT DU FIANCE · texte numérisé non relu

LA MORT DU FIANCE

Afin que rien ne reste en mon âme brisée, Rien que le désespoir,

Qui depuis si longtemps plane sur ma pens.

Comme un grand crêpe noir;

U.a im; lacnble deuil à de douces promesses Succède en moins d’un jour.

Arrachant de mon cœur les divines ivresses D’un noble et pur amour ! —

Tu l'avais soulevé, cruel amour, ce voile ()u> rnc cachait les deux !

Pendant quelques instants tu fis luire une étoile Souriante à mes yeux!

I.e voile est retombé, plus épais et plus sombre, Sur mon front obscurci,

Autour île moi s'amasse et la douleur et l’ombre, l.a mort le veut ainsi !

Pourquoi vous-évoquer, beaux jours encor si proches Déjà si loin de moi 1

Ht que peuvent, hélas, et plaintes et reproches,

O mort, devant ta loi !

Avenir souhaité, charmants projets, doux rêves, Qu’êtes-vous devenus; —

1 ongs regards échangés, félicités si brèves,

O chers bonheurs perdus!

Ctosse de JONAGE-DORIA

C'est à l'automne e sous la tonnelle une jeune fille vient, charmante, se balancer.

Sian à l’autouno ; Souto la touno Uno chatouno Ven, charmantouno, Se balança.

Assise sur la planchette de la corde légère, la brise tiède vient la bercer.

Ascetado Sus la bardetto De le courdeto, L'auro caudeto La vèn bressa.

Pendant ce temps, hélas ! pleure à l’écart sa pauvre mère à qui il n’en faut guère pour s’éteindre.

Elle sent que sa vie est affaiblie et que, comme une louve terrible, la mort avide va la dévorer.

Doù tèmps, pecaïre!

Plouro en un caire Sa pouro maire Que n’i’en fau gaire Pèr s’amoussa.

Sent que sa vido Es anouïdo,

E qu’alouvi do,

La mort avido Vai l’empassa.

E sounjarello,

Se dis entre elo :

Quand la bourrello Separarello M’aura troussa,

O ma paureto !

leu, ta meireto, Vendrai, oumbrelo, Emè l’aureto,

Te caressa.

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