LE CHEVALIER PRINTEMPS
De fleurs se parent les pommiers.
On dirait, à voir leur parure, Qu’ils vont faire, en procession, Au grand autel de la nature,
Leur première communion !
Sous les brises de mon haleine, Aux sillons s’en vont les semeurs ; Les ruisseaux s’en vont à la plaine, Et sous les branches les rimeurs. . .
Les bergers s’en vont aux prairies, Les gazelles au fond des bois.
Les beaux enfants aux Tuileries Et les colombes sur les toits. . .
C’est moi que Dieu sur terre envoie Dans un rayon de son soleil Pour mettre la nature en joie,
Pour faire un monde tout vermeil.
Quand l’hiver m’a crié : « Qui vive ! » J’ai dit : « Fais-moi place, il est temps ! Du paradis tout droit j’arrive :
Je suis le chevalier Printemps ! »
Édouard PLOUVIER.
LE èOUS-PREFET