LE CHEVALIER PRINTEMPS
Et des chansons tout plein mon cœur Or, il suffit que je me montre Et les plus froids vont s’animer :
L’ami Soleil règle ma montre Qui dit toujours l'heure d’aimer.
Le char céleste qui m’apporte Par des papillons est conduit :
Un essaim d’abeilles l’escorte,
Tout un orchestre ailé le suit.
Au loin, dès qu’on me voit paraître, L’insecte et le bourgeon naissant Se mettent vite à la fenêtre Pour me saluer en passant.
Chemin faisant, à gauche, à droite, Sur les gazons, dans les bosquets,
Je lance d’une main adroite Des guirlandes et des bouquets ;
Et les refrains de mon cortège Réveillent les petits amours Qui dormaient blottis sous la neige, Attendant l’aube des beaux jours. . .
Dans les vergers, dès ma venue, D’herbes se couvrent les sentiers,
Et pour me réjouir la vue,