‹ Le livre de demainChapitre 86 sur 136 · LA VALSE DES FEUILLES · texte numérisé non relu

LA VALSE DES FEUILLES

Oui, toute feuille tombe, Ormeau, chêne ou tilleul :

Tout homme est à la tombe, L’enfant comme l’aïeul.

Les rêves de ce monde Sont bientôt effacés :

Poursuivez votre ronde, Pauvres feuilles, valsez.

Paul JUILLERA.T

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Il était un roi de Thulé,

A qui son amante fidèle Légua, comme souvenir d’elle, Une coupe d’or ciselé.

C’était un trésor plein de charmes Où son amour se conservait;

A chaque fois qu’il y buvait Ses yeux se remplissaient dé larmes.

Voyant ses derniers jours venir,

Il divisa son héritage.

Mais il excepta du partage La coupe, son cher souvenir

Il fit à la table royale Asseoir les barons dans sa tour ; Debout et rangée à l’entour.

Brillait sa noblesse loyale.

Sous le balcon grondait la mer.

Le vieux roi se lève en silence.

Il boit, frissonne, et sa main lance La coupe d’or au flot amer !

Il la vit tourner dans l’eau noire,

La vague en s’ouvrant fit un pli,

Le roi pencha son front pâli...

Jamais on ne le vit plus boire.

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Gérard de Nerval.

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