LA PIPE
Doux charme de ma solitude, Charmante pipe, ardent fourneau Qui purges d’humeur mon cerveau Et mon esprit d’inquiétude ;
Tabac, dont mon âme est ravie, Quand je te vois te perdre en l’air Aussi promptement qu’un éclair, Je vois l’image de la vie.
Tu remets dans mon souvenir Ce qu’un jour je dois devenir, N’étant qu’une cendre animée ;
Et, tout confus, je m’aperçois Que, courant après ta fumée,
Je passe aussi vite que toi.
Ch. de CHARLEVAL.