SCÈNE XI
M. DE VERVILLE, MARGUERITE
M. DE VERVILLE. — Ton marim'étonne, Marguerite. Je savais bien que c'était un homme plein d'honneur et de droiture ; mais lui trouver des sentimens si élevés dans la profondeur même de l'infortune, je t'avoue que je ne m'y serais jamais attendu.
MARGUERITE. — Je l'ai toujours vu comme vous le voyez, monseigneur. Il ne cherche d'abord dans les affaires que le parti de la justice; et quand il l'a trouvé, il le prend, pour le soutenir envers et contre tous , à commencer par lui-môme. Au reste, il n'est que ce qu'il doit être.
M. DE VERVILLE. — Il cst vraï. Mals quoi ! dans la position où il se trouve réduit, ne pas balancer un instant !
MARGUERITE. — Oh ! VOUS uc le connaissez pas. Il nous verrait tous sans |)ain , plutôt que d'avoir le moindre reproche à se faire; et il n'en serait pas plus étonné. Jamais son courage ne l'abandonne. Il se joue de la fortune encore plus qu'elle ne se joue de lui.
M. DE VERVILLE. — Tu dois doncbien l'aimer, Marguerite!
MARGUERITE. — Ah! mouscigncur , si je l'aime! Eh! que serais-je devenue sans ses consolations? Je me crois toujours à
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mon aise, en lui voyanl un air si serein. Je ne puis me persuader qu'il me manque jamais quelque chose, tant que le fiel voudra me le conserver. 11 est tout pour moi sur la terre.