‹ Le livre de familleChapitre 106 sur 197 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

MARGUERITE, JEANNETTE, LOUISON

MARGUERITE , tirant de la corbeille une grosse pièce de viande froide, et la portant sur la table, tandis que les enfans debout, dans une contenance) oyeuse, autour de la corbeille , la parcourent d'un œil avide, en passant la langue sur les lèvres. — Voilà ce qui s'appelle un morceau de prince! Ou voit bien que monseigneur n'y a rien épargné.

LOUISON, à Jeannette. — Tiens donc, ma sœur, regarde. C'est comme une galette bossue. Cela sera bon, je crois.

JEAN.NETTE , rt Marguerite , tandis qu'elle porte le pâté sur la table. — Sais-tu ce qu'il y a dedans, ma mère?

MARGUERITE. — Non , ma fille. Les gens de la ville ont tant de choses que l'on ne connaît pas à la campagne !

Louisox. — Ce doit être un brave homme, ce monseigneur, de nous rendre tout notre bien , de nous donner des vaches , et de nous apporter encore des friandises! Jeannette, il faudra faire couver nos œufs , et lui porter les poulets.

jEAN?iETTE. — Ah, qull me tarde! Je voudrais qu'ils fussent déjà gros et gras. Je ne sais ce que je ferais pour lui, tant je l'aime !

LouisoN. — Je vais lui cueillir un joli bouquet de mes plus belles fleurs.

MARGUERITE. — C'cst bien. Et toi, Jeannette, il faut t'occuper un peu du ménage. Va couper proprement du pain, et tu nous l'apporteras. Je veux que monseigneur voie que tu t'entends un peu 'a conduire une maison.

JEANNETTE. — Oul . ma uièrc. {Elle sort avec Louison. 1

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