L'AMI FIDELE
Un homme respectable , après avoir joué un grand rôle h Paris, y vivait dans un réduit obscur, victime de l'infortune, et si indigent, qu'il ne subsistait que des aumônes de la paroisse. On lui remettait chaque semaine la quantité de pain suffisante pour sa nourriture. Il en fit demander davantage. Le curé lui écrit pour l'engager à passer chez lui : il vient. Le curé s informe s'il vit seul. El avec qui, mons?eu»% répondit-il, voudriez-vous que je vécusse? Je suis malheureux, vous le voyez, puisque j'ai recours à la charité, et tout le monde m'a abandonné, tout le monde! — Mais, monsieur, continua le
curé, si vous êtes seul, pourquoi demandez-vous plus de pain que ce qui vous est nécessaire? L'autre paraît déconcerté. 11 avoue avec peine qu'il a un chien. Le curé ne le laisse pas poursuivre. Il lui fait observer qu'il n'est que le distributeur du pain des pauvres , et que l'honnêteté exige absolument qu'il se défasse de son chien. Eh! monsieur, s'écrie en pleurant l'infortuné, si je m'en défais, qui est-ce qui m'aimera? Le pasteur attendri jusqu'aux larmes , tire sa bourse et la lui donne, en disant : Prenez, monsieur, ceci m'appartient.
LA BERGÈRE BIENFÀlSAHTE ,
Imité d'une Idylle de Gcssner, intitulée Ménalque et Alexis.
PERSO.WAGES
BABET, jeune bergre de dix ou douze ans. FATSCHETTE, sœur de Babet, âgée de six ou sept a us.
LA MERE de Babet et de Fanchelîe, paysanne
encore jeune.
UjN vieillard de campague, mal vêtu.
La scène est dans un bois.