‹ Le livre de familleChapitre 140 sur 197 · LA PIÉTÉ FILIALE · texte numérisé non relu

LA PIÉTÉ FILIALE

Dans l'embrasement du Vésuve , Pline le jeune était "a Misène avec sa famille. Tous les habitans cherchaient leur salut dans la fuite; mais redoutant peu pour lui-même le danger qui l'environne, Pline est prêt à tout entreprendre pour sauver les jours d'une mère qui lui est plus chère que la vie. Elle le conjure en vain de fuir

d'un lieu où sa perte est assurée. Elle lui représente que son grand âge et ses infirmités ne lui permettent pas de le suivre, et que le moindre retardement les expose à périr tous deux. Ses prières sont inutiles , et Pline aime mieux mourir avec sa mère , que de l'abandonner dans un péril aussi pressant. 11 l'entraîne malgré elle ,

et la force de se prêter à son empressement. Elle cède a la tendresse de son fils, en se reprochant de retarder sa fuite.

Déjà la cendre tombe sur eus. Les vapeurset la fumée , dont lair est obscurci, font du jour la nuit la plus sombre. Ensevelis dans les ténèbres , ils n'ont pour guider leurs pas tremblans que la lueur des flammes qui les environnent. On n'entend que des gémissemens et des cris que l'obscurité rend encore plus effrayaus.

Mais cet horrible spectacle ne saurait

ébranler la constance de Pline, ni l'obliger a pourvoir à sa siireté, tant que sa mère est en danger. Il la console , il la soutient, il la porte entre ses bras; sa tendresse excite son courage et le rend capable des plus grands efforts. Le ciel récompensa une action si louable : il conserva à Pline une mère plus précieuse pour lui que la vie qu'il tenait d'elle , et à sa mère un fils si digne d'être aimé , et de servir de modèle à tous les enfans.

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