SCENE PREMIERE
Les deux frères delmas, la gouvernante.
l'aîné delmas , tenant une clef. — Ma i>oune , mon papa vient de me donner la clef de l'armoire , qui est dans le cabinet de la chambre de maman, pour que je prenne mon habit d'été et celui de mon frère pour demain , parce que c'est la
1 Le cadet DELMAS, 1 Une gouvernante.
ïé de 7 ans.
Pentecôte : tenez , ma bonne , la voilà ; voulez-vous bien aller les prendre tous deux?
LA GOUVERNANTE. — QUOi ! VOUS aVCZ
encore peur d'entrer dans la chambre de votre maman , parce qu'elle y est morte? mais il y a maintenant plus de six semaines , et je sais que votre papa veut que vous y alliez vous-même : ainsi , obéissezlui , monsieur, allez chercher votre habit
CHOIX DR LECTUliiES.
et celui de votre frère. Eh bien! irez-vous?
l'aîné. — OU ! ma bonne, je n'ose pas y aller tout seul. .. (Jn cadet.) Mon frère, veux-tu venir avec moi?
LE CADET. — Non, mou frère, à moins que ma bonne ne vienne avec nous deux.
LA GOuvERNAME. — McssIeurs ! il faut que vous vous enhardissiez , votre papa le veut. IN'avez-vous pas peur que votre chère mère , qui vous aimait tant , revienne de l'autre monde poUr vous faire du mal? Allez, quand on est mort, on est bien mort.
l'aîné. — C'est vrai, ma bonne, je vous crois bien ; mais je n'ose pas : je n'irai pas absolument tout seul, j'aime mieux ne pas mettre demain mon habit d'été.
le cadet. — Oh! moi, je veux avoir le mien ; et, puisque tu fais tant l'enfant, je n'ai pas si peur que toi, et je vais le chercher ; donne-moi la clef.
l'aîné. — Tiens , la voila , mon frère; en même temps apporte le mien , Je t'en prie.
LE CADET. — Oh ! pour ça non , mon papa veut que tu l'ailles chercher toimême; et tu if-as, si tu veux l'avoir. Tu vas bien voir qu'il n'y a iicn à craindre;
tiens, j'y vais tout seul, ainsi c'est
l'armoire qui est dans le fond du petit cabinet, n'est-ce pas?
LA GOUVERNANTE. — Oui , h droitc.
(Le cadel passe dans la chambre avec une lumière.) ^