‹ Le livre de familleChapitre 179 sur 197 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Madame de preval , léonor.

m"^ de preval. — Eh bien! Léonor, où donc est ta sœur?

LÉo.voR. — Dans le jardin, maman.

M™*' UE PREVAL. — Quoi ! toujours au jardin! Qu'y fait-elle?

LÉONOR. — Elle est occupée sans doute h courir après des papillons.

.M™^ DE PREVAL. — La belle occupation à son âge! C'est une petite fille bien dissipée. Il n'entre jamais une idée sérieuse dans sa tête. Je ne crois pas qu'elle devienne raisonnable; et c'est l'aînée pourtant!

LÉo.xoR. — Je pense que je ferai bien de ne pas prendre exemple sur elle. Mais moi , maman... {Elle baise la main de sa mère d'un air flatteur. ) Étes-vous contente de moi?

m"*" de PREVAL. — Oui , ma lillc.

Quoique la plus jeune, lu es la plus posée et la plus réfléchie; et j'espère que tu deviendras de jour en jour plus digne de ma tendresse.

LÉONOR. — Oh oui, maman! je vous le promets.

m""" de PREVAL. — Que faisais-tu ici renfermée toute seule dans ta chambre?

CHOIX DE LECTURES

LÉONOR. — Je répétais ma leçon de clavecin. Mon maître ne doit pas venir d'aujourd'imi; mais je n'ai point voulu laisser passer l'heure marquée pour cet exercice.

m"'" de preval. — Tu m'enchantes, ma chère fille ! Écoute. Je suis obligée de sortir pour une heure. Lorsque ta sœur reviendra, ne manque pas de lui dire combien je suis mécontente de sa légèreté.

LÉONOR. — Laissez-moi faire, je lui parlerai comme il convient.

jl^e DE PREVAL. — Fais-llll , CQ mOU

nom , une sévère réprimande. Elle mérite cette humiliation. Si elle ne la reçoit pas bien de ta part, c'est a moi qu elle aura affaire.

LÉONOR. — Oui! maman.

jime jjg PHEVAL. — Jc uc te chargc qu'a regret d'une commission si fâcheuse. Je sens combien ton cœur doit souffrir.

LÉoNoii. — Oh! quand c'est par amitié!

m"'" de preval. — Tu la sàtes. Ne la ménage point, je te prie. Elle abuse de mes bontés !

LÉoNOU. — Ah ça! maman, revieudrez-vous bien vite? Vous savez que je suis toujours triste loin de vous.

iv,me pg PREVAL. — Oui ! ma chère enfant, le plus tôt qu'il me sera possible. Ma plus grande joie est de le voir. C'est toi qui me consoles des chagrins que ta sœur méfait éprouver. Adieu. {Elle embrasse Léonor,el laqnille. Léonor prend un air affligé, qu'elle dépouHle far decjvés, ù mesure que sa mère s'éloigne.)

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