‹ Le livre de familleChapitre 185 sur 197 · JULIE , MARGUERITE , JEANNETON , MARIETTE · texte numérisé non relu

JULIE , MARGUERITE , JEANNETON , MARIETTE

JULIE. — Ah! bon! elle s'en est allée.

Nous en serons plu-s libres. H y a mille ans que vous n'étiez venues ^ au moins. Elle court à une commode , et en tire une boîte.

Tiens, ma nourrice, voila un bonnet et un mouchoir de soie , qui sont là depuis long-temps à fattendre.

MARGUERITE. — Comment! vous songiez donc à moi? Mais c'est trop, beaucoup trop. {Elle s'essuie les yeux.)

JULIE. — Prends, prends toujours. Et toi, ma chère sœur Mariette, voilà ce que je t^ donne, un petit cœur d'or. Tu le porteras à ton cou pour te souvenir de moi,

MARIETTE, uvcc uu soupir . — Ah ! je n'en avais pas besoin pour cela. Je pense toujours à vous , et je vous aime toujours, mademoiselle.

CHOIX DE MCTUKES.

JULIE. — Eucore «les ilcmoiseUes ! Je vais te repreiulre ce pelil cadeau , et je îie le regarde [)lus, si tu ne m'appelles pas ta sœur Julie.

MARIETTE. — Oli 1 je u'oscrais jamais.

.iuLiE. — Et moi, je le veux. Allons, emhrasse-moi. Et toi , ma pauvre Jeanneton, attends, il faut que je te cherche aussi quelque chose. Bon ! voici une petite croix d'argent avec des pierres de couleur. Une autre fois , je te donnerai quelque chose de mieux.

JEANiNETOiv. — Mais je ne suis pas votre soeur de lait, moi?

JULIE. — Qu'importe? je te le donne.

JEANNETON. — Je le prends, puisque vous me l'ordonnez, et Je vous en remercie.

MARGUERITE. — Le cœur me baigne de joie! 0 ma chère enfant, cela me fait oublier la mauvaise réception que nous venons d'essuyer !

JULIE. — Et de qui donc, ma bonne nourrice ?

MARGUERITE. — Si VOUS aviez vu comme votre soHir nous a traite'es î La plus haute dame ne nous aurait pas reçues avec tant de fierté. Elle nous a rebutées, nous qui l'aimions tant! Non, je ne sais encore où j'en suis, et la pauvre JeannetOD n'en peut revenir.

JULIE. — Non, non, Marguerite; ma sœur n'est pas si méchante que tu le dis ; et puis, si elle ne t'aime pas, moi je t'aimerai pour nous deux , et tu n'y perdras rien. Sois tranquille, Jeanneton; je veux être aussi ta sœur. Oh ! comme je suis aise de vous revoir ! (EUe saute de joie autour de la chambre. )

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